‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 795 sur 999 · S ALIX. DOUAS · texte numérisé non relu

S ALIX. DOUAS

D*ff JUAN.

Mais, s'il ne m'a pas menti, il est à cette heure au Prado , avec don Fadrique et don Henriquez : ne fait-il pas, dites-moi, un magnifique temps de promenade?

INÈS

Mais pourquoi lui au Prado et vous ici?

don juan, lui présentant le billet de don Sandoval. Tout vous sera expliqué par cette lettre, madame.

INÈS

Mais donnez donc! rus voyez-vous pas que je meurs d'impatience? — {Elle Ut et regarde don Juan.) Cette lettre n'est pas de don Sandoval.

DON JUAN

Ne reconnaissez-vous point son écriture?

INÈS

Si fait, par Notre-Dame, c'est bien elle! mais écoutez, je ne comprends pas bien encore ; expliquez-moi tout cela.

DON JUAN

Don Sandoval possédait un trésor dont il ne connaissait pas to*t 4e prix ; il Fa jeué , il fa perdu , voHà tout!

INÈS

Mais je ne vous aime pas, moi.

don Juan.

Si vous haïssez don Sandoval , cela revient au même.

INÈS

Oh ! si j'étais s**e qu'il ett commis cette infamie...

Vous avez d'autres lettres de ta, compare*.

INÈS

Oui, oui ; —{(2ompa**ut.) c'est bien cela? voilà bien sa signature, la même qu'il osa mettre au bm de la première lettre oA il me dit : Dona Inès, vous êtes belle; dona Inès, je vous aime. Don Sandoval d'Ojedo ! un nom de noble que je croyais un nette nom ; don Sandoval d'Qjedo, c'est-à-dire l'homme que je préférais à tout dans ce monde, à ma soeur, à ma mère, à Dieu ! et c'est celui-là , 4e même , le seul pour lequel j'eusse du demeurer sacrée , <pé me joue, qui me perd, qui me livre, et c'est bien vrai tout cela, vrai sur l'honneur d'un Espagnol ? vrai sur la foi d'un gentilhomme?

MOT HW*<

Sur la foi d'un gentUbQnjme et sur l'hooiKur d'un Espagnol, c'etf vrai.

mon Dieu,, mou Pieu !

Maintenant le haïssez-vous, madame ?

INÈS

Maintenant, je le méprise.

DON JUAN DE MARANA

Et moi...

Vous êtes noble?

BON JCAN.

inès.

non juan.

Comme l'infant.

inès.

Vous êtes brave ?

•ON JUAN

Comme le Cid. .

inès.

Et voos vous nommez?

•on m AN.

Don Juan.

INÈS

Don Juan, je t'aime !

•oit JUAN.

Bien, maChimène.

inès.

Écoutes, cependant.

DON JUAN

J'écoute.

INÈS

Il m'a vendu, il en avait le droit, puisque je m'étais donnée.... c'est bien, mais vous qui n'avei achetée, vous ne saviez pas, sans doute, que j'avais fait un serment.

•ON JUAN

Lequel ?

INÈS

De ne point appartenir à un autre tant que don Sandoval serait vivant... Il faut donc qu'il meure pour que je puisse être à vous.

don juan, prenant son manteau.

C'est juste, il mourra.

Inès, allant à lui avec un dernier doute.

C'est bien vrai , au moins , ce que vous m'avez dit?

BON JUAN

Aussi vrai qu'il est au Prado où je vais le chercher.

INÈS

Allez do ne! et amenez -le là... 14, devant cette fenêtre, pour que je sois sûre qu'il m'a trahie... et quand il sera là, frappez et que je le voie tomber, afin que je sois sûre qu'il est mort !

•ON juan.

Et vous m'attendrez ici ?

Inès, sonnant.

Maître ! — (Gomèe entre. Inès dépose son voile.) des glaces, des sorbets... je soupe chez vous avec ce gentilhomme.... — (Gomès sort.) ou si mieux aimez, prenez la clef et enfermez-moi!...

•ON JUAS.

Merci, ma lionne... j'ai confiance en votre parole.

(// sort.)

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