LE HA9VAIB ABC
Votre Seigneurie a-4-elle Mblîé le proverbe : l'habit?...
BON JOSES
Mais es-tu sûr?
LB MAUVAIS AlfGB.
Regardei.
bob josès , s'élançant par-dessus le mur.
Oui , je le reconnais. — (// s'approche de don Juan et arrive près de lui; il laisse tomber son manteau et plante deum èpées en tenre.) Je te trouve enfin! don Juan.
don juan, se retournant.
Cest toi, frère ! sois le bien venu.
DOIf josès.
Je te saluai des mêmes paroles lorsque nous nous rencontrâmes au château de Villa-Mayor ; il parait que si j'avais oublié de t'inviter à mes fiançailles... tu avais oublié, toi, de m'inviter à ta prise d'habit... Connais-tu ce parchemin?
bon juah.
C'est celui que j'arrachai des mains mourantes de dom Mortes, le Seigneur me pardonne !
bob josès.
Connais-tu cette signature?
BOB JUAB.
C'est celle de notre digne père... Dieu a fait un miracle, sans doute... et je l'en remercie.
BOB JOSÈS.
Et sais-tu ce que contient cet écrit?
BOB JUAB.
C'est la reconnaissance de don Josès, comme fils aine du comte et comme seigneur de Marana.
BOB JOSÈS.
Tu avoues donc que je suis gentilhomme?
BOB JUAB.
Oui, frère.
BOB JOflfcS.
Que tu n'es que le second fils* toi?
BOB J9AJI.
Oui, frère.
don jobèb.
Et que tu me dois hommage et régnée*, comme à (on aine?
BOB JUAN
Je suis prêt à vow le rendre, monseigneur.
BON JOSES
Ce n'est point cela que je veux ?
BOB JUAN
Quevovlec-vous?
BON JOSÈS.
VoifA deux épées... choisis.
BON JUAN
Et pourquoi faire?
BON JOSÈS.
Je te montre deux épées, et tu me demandes pourquoi faire ces deux épées?... Je vais te le dire alors... parce que je le hais d'une haine de frère. .. parce que la terre est trop étroite pour nous porter plus longtemps tous les deux, parce que tu dois avoir soif de mon sang comme j'ai soif du tien, et qu'il faut que l'un de nous deux boive celui de l'autre.
BOB JUAN
Si ce n'est que ma vie qu'il te faut, elle est à toi... frappe...
bon josès, prenant une des deux épées.
Si j'avais voulu te tuer comme un chien , ou comme une bête fauve, c'est une arquebuse que j'aurais prise, et non deux épées... En garde ! don Juan, en garde !
BOB JUAN
Frère, je te demande pardon à genoux, les yeux en larmes... le front dans la poudre...
don josès, le prenant sous le bras.
. Debout! hypocrite, debout !
DON JUAN
Je t'obéis !
DON JOSÈS.
Alors je t'ordonne de prendre une de ces épées.
DON JUAN
Adieu, frère.
BOB JOSÈS.
Où vas-tu?
BOB JUAB.
Laisse-moi aller.
BON JOSÈS.
Te laisser aller, toi !.... mais tu oublies donc?
BON JUAN
Si j'avais oublié, je ne serais point ici.
DON JOSÈS.
C'est cela... et parce que, lassé de vivre, repu
DON JUAN DE MARANÀ
de débauches, gorgé de sang, il te platt de venir demander asile à an cloître, tu crois fuir le châtiment?... Et qui me vengera de toi , si je ne me venge pas?
DON JUAN
Mon repentir.
ION JOSÈS.
Ton repentir, rendra-t-il l'honneur à ma fiancée?.... rendra-t-il la vie à mon épouse? Que
m'importe ton repentir, à moi! me rendra-t-il mon
bonheur brisé entre tes mains? Pourquoi ne
m'as-tu pas tué comme Té résina, don Juan? tu le pouvais, il fallait le faire ; mais non, tu n'as voulu que m'avilir... Allons donc, don Juan, du courage! tu vois bien que je suis venu pour me battre avec toi et qu'il faut que nous nous battions...
DON JUAN
Jamais, frère...
DON JOSÈS.
Je saurai bien t'y forcer.... prends garde.... ce que tu as fait, je le ferai !... tu m'as jeté ce parchemin au visage... — (// le lui jette.) Tiens...
DON JUAN
Seigneur, donnez-moi l'humilité.