ACTE llf, SCÈNE IV
joih, prenant le verre.
Avez- vous demandé du meilleur, au moins?
( // avale le Champagne et repose le verre $ur la table ; Kean le regarde faire. )
Kl 411.
A moins que vous n'ayez l'espoir d'appareiller l'autre œil avec celui-là; ce qui n'est pas difficile, en vous y prenant comme vous faites.
JOHN
A h ! vous croyei !
kean, versant une êeconde fais à boire.
J'en suis sûr.
JOHN
En donnant du retour, hein ?
El AN.
Gratis.
john, prenant le verte , et buvant.
A la santé du marchand !
KEAK, K 6tant êon habit.
Merci, l'ami.
JOHN
Ah ! il parait que vous tenez l'article.
kean, étant $a veste.
Oui, et je me charge de la fourniture.
john, riant.
Ah!ah!ah!
TOUS
Bravo ! bravo !
peter, rentrant, à John.
Eh bien! que fais-tu donc, John ?
JOHN
Tu le vois bien, je m'apprête.
peter, à Kean.
Que fait Votre Honneur ?
KEAN
Tu le vois bien, je me prépare.
peteb, à John.
Mais tu ne sais pas à qui tu as affaire.
JOHN
Qu'est-ce que ça me fait?
PETER
Monsieur le constable !
le constable, monté sur une chaiêe pour mieux voir. Laisse-moi donc regarder, imbécile.
Allons, allons, battez-vous si ça vous fait plaisir.
(Il sort.) {Morceau d'ensemble pendant lequel Kean et John boxent, et à la fin duquel John reçoit un coup de poing sur Vautre œil; il tombe dans les bras de ses amis qui l'entourent ; Kean remet sa veste , et va se rasseoir à sa table. )
KEAN
Peter!
PETEE.
Voilà.
KEAN
Un autre verre.
PETEE.
Il parait que c'est fini. ( // va voir dans la chambre à côté. ) Ça n'a pas été long.
le constable, descendant de sa chaise, et allant à la table de Kean.
Voulez-vous me permettre de vous offrir mes compliments, monsieur le marin ?
KEAN
Voulez- vous me permettre de vous offrir un verre de ce vin de Champagne, monsieur le constable? (Peter apporte des verres; Kean verse.) le constable, prenant le sien.
Vous avez donné là un triomphant coup de poing, jeune homme.
Vous me flattez, monsieur; c'est un coup de
i poing de troisième ordre, pauvre et mesquin ; si
j'avais serré le coude au corps et dégagé le bras
du bas en haut, le drôle aurait certainement eu la
tête fendue.
le constable, reposant son verre.
C'est un petit malheur, monsieur le marin, espérons qu'une autre fois vous serez plus heureux.
KEAN
Je n'ai fait que ce que j'avais voulu faire : je lui ai promis le pareil de celui qu'il avait déjà reçu, je le lui ai donné.
LE CONSTABLE
Oh ! religieusement, il n'a rien à dire, je le crois même d'une qualité supérieure.
KEAN
Vous paraissez amateur, monsieur le constable.
LE CONSTABLE
Je suis passionné : il ne se passe pas dans mon arrondissement un boxing ou un combat de coqs que je n'y assiste ; j'adore les artistes.
kean. ■* *
Vraiment ! Eh bien ! monsieur le constable, si vous voulez être un de mes convives je vous ferai connaître un artiste, moi.
LE CONSTABLE
Vous donnez un souper?
keau. Je suis parrain. Eh! tenez, voilà la marraine, n'est-elle pas jolie?
(Ketyr-la-Blonde entre avec tous les convives. )
LE CONSTABLE
Charmante! je vais faire un tour chez moi, prévenir ma femme que je ne rentrerai pas de bonne heure.
KEAN
Prévenez-la que vous ne rentrerez pas du tout,
allez ; c'est plus prudent.
(Le constable sort.)
KEAN