‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 900 sur 999 · AN · texte numérisé non relu

AN

Voyez, Gidsa... cherchez...

GIDSA.

Oh ! mon Dieu, comment cela se faU-il ? Cest que ma maltresse y tenait beaucoup , c'est un cadeau du prince de Galles.

Kl AN.

Ah ! c'est un cadeau du prince de Galles... Voyez dans sa voiture, elle l'a peut-être oublié...

GIBSA.

Vous avez raison...

kean, lui donnant une bourse.

Tenez, mon enfant, si votre maîtresse a perdu son éventail... vous aurez au moins trouvé quelque chose, vous.

GIBSA.

Merci, monsieur Kean.

(Elle sort.)

KEAN

Un éventail donné par le prince de Galles!... je conçois que l'on tienne à un présent royal. — ( Appelant. ) Darius!... eh bien ! est-ce qu'il ne viendra pas, cet imbécile de coiffeur?... Darius!

SALOHON.

Ménagez votre diamant , maître , et laissez-moi l'appeler à votre place... — (Appelant.) Darius!... sAiifls, entrant, une perruque à la main.

Voilà ! voilà !

kean, s'assexant.

Q»'est-ce que tu faisais donc, drôle?

baiius, retapant la perruque. Je vous demande pardon, mais c'est que...

KEAN

Tu bavardais, n'est-ce pas?... Viens ici... et coiffe-moi.

le régisseur, ouvrant la porte.

Peut-on sonner au foyer du public , monsieur Kean?

KEAN

Oui, je suis prêt.

le RÉGissEui, se retirant.

Merci!

KEAN

Pendant qu'on me coiffe, Salomon, cherche donc eet éventail...

BAlIUS.

Quel éventail?

KEAN

Un éventail qui a été perdu ici.

DARIUS

Ah ! je vous dis cela, parce que j'ai vu le monsieur qui est venu vous voir avec le prince de Galles qui en tenait un qui était un peu drôle, des éventails.

KEAN

Un éventail garni de diamants?

BARTUS.

Oui, et qui reluisait joliment encore, puisqu'en le voyant, je me suis dit : Si j'avais trouvé un éventail comme celui-là, je ne ferais plus de perruques ; et pourtant je les fais crânement, les perruques. ••

kean, se levant.

Tu as vu cet éventail entre les mains du comte deKœfeld?

DARIUS

Je ne sais pas si c'était le comte de Kœfeld, mais ce que je sais, c'est qu'il ne paraissait pas content du tout, et qu'il a remis l'éventail dans sa poche avec un air un peu vexé.

KEAN

Oh! mais que va-t-il penser? il se doutera qu'EIena est venue ici.

le régisseur, à la porte.

On va lever le rideau, monsieur Kean.

KEAN

Je ne suis pas prêt.

LE REGISSEUR.

Mais, vous avez dit qu'on pouvait sonner.

KEAN

I Allez au diable !

! le régisseur se sauve en criant. y

! Ne levez pas le rideau! ne levez pas le rideau!

KfiAN.

HLBAlf.

Que faire? comment la prévenir?... je ne puis y aller... je ne puis lui envoyer... Oh! c'est à perdre la tète.

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