PROLOGUE, SCÈNE III
César au ciel , plus rien à craindre sur la terre , Plus rien, entre nous deux, pour troubler nos plaisirs, Qu'un fantôme d'époux sans droits et sans désirs, Qui, pourvu qu'on le laisse en une basse orgie S'endormir chaque soir sur la table rougie, Ne songera jamais , ivre jusqu'au matin, A chercher d'autre lit que celui du festin.
Alors, mon Cherea, plus d'esclave importune Qui trouble ces instants donnés par la Fortune, Et qui prenne, avant l'heure effrayant notre amour, La lueur de Phcebé pour les rayons du jour.
Alors au moissonneur la moisson sans pareille, Alors au vigneron les trésors de sa treille, Alors au beau pécheur qui vers moi voguera Un océan d'amour...
CfllBIA.
C'est bien, César mourra !
l'isclavx, accourant.
On vient de ce côté, rentre vite, maltresse.
nssAUKi , entraînée par l'esclave.
Adieu , mon Cherea , je l'aime.
(Elle rentre.)
CHIREA.
Enchanteresse, Te tromper en amour est, dit-on , malaisé, l'accepte le défi, c'est bien, au plus rusé.