CHI1BA
Patience, seigneurs ; je ne sais point assez
Pour vous répondre encor qui vous êles vous autres;
Je vous dirai mes noms quand je saurai les vôtres.
LEPIDUS
C'est trop juste, et Minerve a parlé par ta voix. Écoute, celui-là qu'à ma droite tu vois, Ou que lu ne vois pas, tant cette nuit avare Est noire à défier la gueule du Tartare, C'est Annius; son père et le mien autrefois Furent amis, de plus républicains, je crois.
Attends, oui, c'est cela, d'être exact je me pique :
Sais-tu ce que c'était, toi, que la république ?
Dis-le, s'il t'en souvient encore par hasard !...
Du reste, vieux Romain , plus noble que César,
Et qui descend tout droit de la première pierre
Qui par Deucalion fut jetée en arrière.
Cet autre maintenant qu'à ma gauche voici...
Où donc es-tu? voyons, arrive par ici!
Cet autre dont la main cherche à toucher la mienne,
C'est Sabinus, tribun dans la prétorienne.
Il me faut l'avouer, c'est un homme nouveau; i
Mais c'est un élégant, ce qu'on appelle un beau.
Il grasseyé en parlant, met des mouches, du rouge,
Ce qui n'empêche pas qu'en quelque ignoble bouge
Avec des libertins il n'aille chaque nuit
Jouer à la tessere et boire du vin cuit.
Au reste, plein d'esprit mais de propos infâmes,
Ce qui fait que le drôle est adoré des femmes,
Et que quiconque est père, époux ou même amant,
Ne doit pas le quitter des yeux un seul moment.
Quant à moi, qui te fais leur portrait de la sorte,
A moi, ton serviteur, qui, quoique Romain, porte
Le costume persan, par la raison, mon cher,
Qu'il est plus élégant et tient plus chaud l'hiver,
Mon nom est Lepidus ; mon père pour Athènes,
Avec un pédagogue appelé Callisthènes,
Depuis bientôt trois ans, m'a fait partir, et là
J'ai fort étudié la sagesse... voilà!
Mais la sagesse écrite en toute la nature,
El qu'en ce livre immense enseignait Epicure.
Donc j'ai philosophé si longtemps et si bien,
Que je doute de tout et ne crois plus à rien ,
Si ce n'est au plaisir, divin rayon de flamme,
Que Jupiter a mis dans le vin et la femme.
Battu d'un ouragan par les dieux envoyé,
Et la preuve est que mon professeur s'est noyé,
Avant-hier f ai touché le rivage cPOstie;
Pour fêter mon retour nous avons fait partie
D'aller souper ensemble à la taverne, hier soir,
Ce qui s'est accompli, comme tu peux le voir.
Là, nous avons passé de nos nuits la plus belle,
Avec, devine qui ? des prêtres de Cybèle,
Des faiseurs de cercueil, des Juifs, des bateleurs,
Enfin tout ce que Rome a de mieux en voleurs :
De sorte qu'en sortant, nous trouvant tout hilares,
Nous n'avons pas voulu rentrer chez nos dieux lares
Sans rosser quelque peu les cohortes des nuits ;
Celte occupation ici nous a conduits;
Si bien que, nous trouvant auprès de la boutique
Du barbier Bibulus, sur le Forum antique,
Nous avons résolu de voir passer César,
Qui , ce malin, mon cher, triomphe par hasard.
Ah! ah! ah ! que la vie est amusante, et comme
Jupiter a dû rire alors qu'il créa l'homme \
Et maintenant, mon cher, n'ayant plus de raisons
De refuser encor de nous dire tes noms,
Parle, ainsi que j'ai fait, sans crainte et sans mystère
CflIXIA.
Tous vous trompez, amis, je dois toujours les taire, Car vous ne m'étiez pas assez connus tantôt, El voilà maintenant que je vous connais trop : Ainsi donc trouvez bon qu'incognito je passe.
CÀLIGULA.
•Attiras.
Oh ! la plaisanterie alors citasse de face, Elle a, cmne Janus, deux v tsagesi c'est bien, L'un rit et l'attire mord.... face d'homme et de ehjeo.
cnniA.
Me laisseirvoits passer?
AURIVS.
La eboee est impossible.
ciniA.
Frenex garde!
Sàinius, rtmni.
Ah! ah ! ah ! sa colère est lisible.
ciiui, tirant son èpèe.
Arrière!
l tri sus.
Que dis-tu de ce ton menaçant?
caimiA , se couvrant le visage de son manteau. Je vous dis que Ton passe et le prouve en passant. ( // sort en passant entre Annius et Lepidus.)