SCENE PREMIERE
CALIQULA, plusieurs Esclaves.
caligula, se cramponnant à deux esclaves.
Demeurez tout le temps qu'au-dessus de ma tête, Esclaves! grondera cette horrible tempête; Tant qu'un dernier éclair sillonnera les cieux, Esclaves, sur vos jours, ne quittez pas ces lieux. C'est le maître du ciel dont la jalouse rage Dirige contre moi cet effroyable orage.
Jupiter tonnant, apaise ton courroux, .Je ne suis pas dieu! non! Un éclair! à genoux!... Allons, encore un coup qui passe sans m'atteindre.
UII ESCLAVE.
Maître, l'orage fuit, et tu n'as rien à craindre.
CALIGULA
Dis-tu vrai? par les dieux protecteurs des serments, Je jure d'affranchir toi , ta femme...
(Un coup de tonnerre.) Tu mens.
l'esclave.
César voit que le bruit s'éloigne.
caliqula.
Oui, c'est juste.
Écoute, Jupiter, je te veux, comme Auguste, Fonder un temple...
{Éclair.) Attends!... que soutiendront...
(Tonnerre.)
Encor!
Des colonnes de bronze et des chapiteaux d'or. L'ouragan diminue enfin et je respire; Je suis toujours César, l'arbitre de l'empire, Le maître souverain... tout-puissant en tout lieu, Devant qui Rome tremble et qu'elle appelle dieu. Ah! la foudre effrayée a fui devant ma gloire, Et Jupiter vaincu me cède la victoire.
Allez ! et que pas un ne reste en cette erreur Que Calus est un homme et que César eut peur.