‹ ŒuvresChapitre 22 sur 93 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

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QU'ON n'aille pas croire qu'au lieu de tenir ma parole en donnant la description de mon voyage autour de ma chambre, je bats la campagne pour me tirer d'affaire : on se tromperait fort, car mon voyage continue réellement ; et pendant que mon âme, se repliant sur elle-même, parcourait, dans le chapitre précédent, les détours tortueux de la métaphysique,

— j'étais dans mon fauteuil, sur lequel je m'étais renversé de manière que ses deux pieds antérieurs étaient élevés à deux pouces de terre ; et, tout en me balançant à droite et à gauche et gagnant du terrain, j'étais insensiblement parvenu tout près de la muraille, — c'est la manière dont je voyage lorsque je ne suis pas pressé;

— là, ma main s'était emparée machinalement du portrait de M"^^ de Hautcastel, et \autre s'amusait à ôter la poussière qui le couvrait. — Cette occupation lui donnait un plaisir tranquille, et ce plaisir se faisait

sentir à mon âme, quoiqu'elle fût perdue dans les vastes plaines du ciel ; car il est bon d'observer que, lorsque l'esprit voyage ainsi dans l'espace, il tient toujours aux sens par je ne sais quel lien secret ; en sorte que, sans se dérober de ses occupations, il peut prendre part aux jouissances paisibles de \ autre : mais si ce plaisir augmente à un certain point, ou si elle est frappée par quelque spectacle inattendu, l'âme aussitôt reprend sa place avec la vitesse de l'éclair.

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