‹ ŒuvresChapitre 25 sur 93 · CHAPITRE XïII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XïII

et 4â

TIENSJoannetti.Iui dis-je, raccroche ce portrait; )) — il m'avait aidé à le nettoyer. Au lieu de le remettre à sa place, il le tenait pour l'examiner à son tour. — Une difficulté, un problème à résoudre lui donnait un air de curiosité que je remarquai. — «Voyons, lui dis-je, que trouves-tu à redire dans ce portrait ?» — « Oh! rien, Monsieur, » — «Mais encore?»

— Il le posa debout sur une des tablettes de mon bureau, puis, s'éloignant de quelques pas : — « Je voudrais, dit-il, que Monsieur m'expliquât pourquoi ce portrait regarde toujours, quel que soit l'endroit de la chambre où l'on se trouve : le matin, lorsque je fais le lit, la figure se tourne vers moi, et, si je vais à la fenêtre, elle me regarde encore et me suit des yeux en chemin.» — «En sorte, Joannetti, lui dis-je, que si ma chambre était pleine de monde.cette belle dame lorgnerait de tous côtés et tout le monde à la fois?» — « Oh! oui,Monsieur. » — « Elle sourirait aux allants et aux venants tout comme à moi ? » — Joannetti ne répondit rien. — Je m'étendis dans mon fauteuil et, baissant la tête, je me livrai aux méditations les plus sérieuses.

— Quel trait de lumière !

Voilà une ressemblance morale entre certains portraits et leurs modèles, qu'aucun philosophe, aucun peintre, aucun observateur n'avait encore aperçue.

Je marche de découvertes en découvertes.

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