‹ ŒuvresChapitre 40 sur 93 · CHAPITRE XXYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXYIII

èi: ^

CELUI qui se presserait de juger une ville d'après le chapitre précédent se tromperait fort. J'ai parlé des pauvres qu'on y trouve, de leurs cris pitoya-

bles, et de l'indifférence de certaines personnes à leur égard ; mais je n'ai rien dit de la foule d'hommes charitables qui dorment pendant que les autres s'amusent, qui se lèvent à la pointe du jour et vont secourir l'infortune sans témoins et sans ostentation. — Non, je ne passerai point cela sous silence : je veux l'écrire sur le revers de la page que tout runivers doit lire.

Après avoir partagé ainsi leur fortune avec leurs frères, après avoir versé le baume dans ces cœurs froissés par la douleur, ils vont dans les églises, tandis que le vice fatigué dort sur l'édredon, offrir à Dieu leurs prières et le remercier de ses bienfaits : la lumière de la lampe solitaire combat encore dans le temple celle du jour naissant, et déjà ils sont prosternés au pied des autels; — et l'Eternel, irrité de la dureté et de l'avarice des hommes, retient sa foudre prête à frapper!

Page 1