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CHAPITRE XVIII

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LE froid de la nuit m'avait saisi. Un léger frisson me parcourut de la tête aux pieds ; et, comme je croisais ma robe de chambre pour me réchauffer, je vis, à mon grand regret, que cette sensation de froid, jointe à l'insulte de la chauve-souris, avait suffi pour changer de nouveau le cours de mes idées. Je calculai tout de suite combien il était déraisonnable de passer la nuit exposé à l'intempérie de l'air, au lieu de suivre le vœu de la nature, qui nous ordonne le sommeil. Ma raison, qui dans ce moment agissait seule en moi, me fit voir cela prouvé comme une proposition d'Euclide. Enfin je fus tout à coup privé d'imagination et d'enthousiasme, et livré sans secours à la triste réalité. Existence déplorable ! autant vaudrait-il être un arbre sec dans une forêt, ou bien un obélisque au milieu d'une place !

Les deux étranges machines, m'écriai-je alors, que la tête et le cœur de l'homme ! Emporté tour à tour par ces deux mobiles de ses actions dans deux directions contraires, la dernière qu'il suit lui semble toujours

la meilleure! O folie de l'enthousiasme et du sentiment ! dit la froide raison. O faiblesse et incertitude de la raison ! dit le sentiment ; qui pourra jamais, qui osera décider entre eux !

Je pensai qu'il serait beau de traiter la question sur place, et de décider une bonne fois auquel de ces deux guides il convenait de me confier pour le reste de ma vie. Suivrai-je désormais ma tête ou mon cœur ? Examinons.

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