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PROLOGUE

Un mouvement Ici^er, convul^if, continu, 55

Trahissait le sanglot dans son sein retenu;

Je devinai la mort à ce muet emblème :

La servante pleurait le vieux maître qu'elle aime.

« Marllie! dis-je, est-il vrai?... » Se levant à ma voix

Et s'cssnyant les yeux du. revers de ses doigts : 60

« Trop vrai ! montez, monsieur, on peut le voir encore,

On ne doit l'enterrer que demain à l'aurore ;

Sa pauvre âme du moins s'en ira plus en paix

Si vous l'accompagnez de vos derniers souhaits.

Il a parlé de vous jus(|u'à sa dernière heure : 65

« Marthe, me disait-il, si Dieu veut que je meure,

« Dis-lui que son ami lui laisse tout son bien

« Pour avoir soin de toi, des oiseaux et du chien. » '

Son bien !" n'en point garder était toute sa gloire;

11 ne remplirait pas le rayon d'une armoire. 70

Le peu qui lui restait a passé sou par sou

En linge, en aliments, ici, là. Dieu sait où.

Tont le temps qu'a duré la grande maladie,

11 leur a tout donné, monsieur, jusqu'à sa vie;

Car c'est en confessant, jour et nuit, tel et tel, 75

Qu'il a gagné la mort. — Oui, lui dis-je, et le ciel ! »

5o-55. Vne /'ijure... sa figure. Négligence. Cf. une rcpétltioa du même genre XXX.. aS, 25.

57. Emblème. Plus expressif que le mot propre, indice, témoignage.

.^9. La servante de l alihé Diiniont qui a servi de modelé à Marthe s'appelait en réalité Geneviève. V. Geneviève, histoire d'une servante, l.

73. La grande maladie. L'é|)idéniie, décrite à la tin de la « neuvième époque ». — Laiu:irliac a songé à léijidémie de clioléra de iS3i-i83a (cf. la note suivante), au cours de laquelle mourut 1 abhé DuniontiT '

I 7IJ. « Je passai quelques jours au presbytère de Bussières, après la mort et la sépulture de l'ahhé Duuiont, que j'ai nommé Jocelyn dans mes Vers, J'avais à y remplir les devoirs bien tristes, mais bien laciles, d'exécuteur testamentaire, et même d lirriticr, car le mourant m'avait ciiarné de tiaver ses petites detics sur la terre pendant qu il irait en recevoir linlcrctau ciel. Elles avaient toutes élé contractées pendant l'année do I épidémie et de la disette pour acheter des uiédicauients chez Us pharmaciens et du riz et du sucre chez les épiciers du la pelile ville voisine, pour les malades. .Mais il y avait un inventaire à dresser, des livres à trier, des pa|)iers à parcourir, quehpies pauvres meubles à vendre ou à distribuer, la serv.inte. le chien, 1 oiseau à recueillir, la niai.Min eulin et le janlin à mettre en ordre et en culture, aKn que tout pré.>-eiilat un air de décence, de soin et de propreté aux yeux da vicaire (jui \ iciulr-.nl (iccui)or la place... » (Geneviève, II).

180 JOCCLYN

Et je montai. La chambre était déserte et sombre ;

Deux cierges seulement en éclaircissaient l'ombre,

Et mêlaient sur son front leurs funèbres reflets

Aux rayons d'or du soir qui perçaient les yoIqIs, 8o

Comme lultcnt entre eux, dans la sainte agonie,

L'immortelle espérance et la nuit de la vie.

Sur une indication rie Marthe, l'ami de Jocelyn découvre dans le grenier du presbylère les débris d'im journal écrit de la main du curé. Il a mis en ordre ces pages éparses ; ce sont elles qu'il publie, a recousues », mais pleines de lacunes. /

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