‹ Oevres choisiesChapitre 205 sur 288 · AU SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

AU SÉMINAIRE

J'aurais voulu trouver une âme et des accents,

Et pour d'autres transports me créer d'autres sensi

Ce sont de ces moments d'ineiïablcs délices

Dont Dieu ne laisse pas épuiser les calices,

Des éclairs de lumièrcet de félicilé 5c

Qui confondent la vie avec l'éternité.

Notre à me s'en souvient comme d'une pensée

Rapide, dont en songe elle fut traversée.

Ah ! quand je les goûtais, je ne me doutais pas

Qu'une soui'Ce éternelle en coulait ici-bas ! bb

Eh bien ! quand j'ai franchi le seuil du temple sombre

Dont la seconde nuit m'ensevelit dans l'ombre ;

Quand je vois s'élever entre la foule et moi

Ces larges murs pétris de siècles et de foi ;

Quand j'erre à pas muets dans ce profond asile, 6c

Solitude de pierre, immuable, immobile.

Image du séjour par Dieu même habité.

Où tout est profondeur, mystère, éternité;

Quand les rayons du soir, que l'occident rappelle,

Eteignent aux vitraux leur dernière étincelle, 6b

Qu'au fond du sanctuaire un feu flottant qui luit

Scinlille comme un œil ouvert sur cette nuit.

Que la voix du clocher en son doux s'évapore.

Que, le front appuyé contre un piller sonore,

Je le sens, tout ému du retentissement, 70

Vibrer comme une clef d'un céleste instrument,

Et que du faîte au sol l'immense cathédrale,

Avec ses murs, ses tours, sa cave sépulcrale,

"rel qu'un êlre animé, semble à la voix qui sort

Tressaillir et répondre en un commun transport; 75-

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