‹ Oevres choisiesChapitre 219 sur 288 · L'ORDINATION · texte numérisé non relu

L'ORDINATION

Au pied des échafauds où périssaient ses frères

Sacrifiait a» dieu des femmes élranii;ères,

Pensant sous quels débris des leinplos du Seigneur

Il cacherait sa couche avec son déshonneur! i8o

— 0 mon père, pitié ! Quel mot osez-vous direi* Le ciel sait si mon cœur a tremhié du martyre; Il sait si j'hésitai, pour arriver à vous. D'affronter cette mort dont je serais jaloux ;

Mais ébloui de zèle, et moins homme qu'apôtre, iSô

Vous ne jugez, hélas! nos cœurs que par le vôtre;

Vous croyez que mon cœur de l'amour triomphant ■

N'arracherait qu'un rêve au sein de cet enfant;

Que le sien m'oublierait; que je pourrais luoi-mème

Rapporter aux stutels tout l'amour dont je l'aime; 19»

Absous par votre main d'un parjure innocent,

Noyer son souvenir dans des pleurs ou du sang;

Que cette affection au cœur enracinée,

Celte existence à deux, ce rêve d'une année,

Ce rayon qui nous fit ensemble épanouir, i^i

Comme un rêve d'un soir pourrait s'évanouir?

Connaissez mieux l'amour de l'homme et de la femme:

Il joint leur double vie en une seule trame ;

Il survivrait coupable, à la honte, au remord,

Plus vivant que la vie et plus fort que la mort. 2o«

— Silence! cria-t-il ; vous profanez celte heure, Ces moments tout au ciel, ces fers, cette demeure, Où du Dieu trois fois pur un indigne martyr N'eût jamais entendu de tels mots retentir.

178. Au dieu des femmes étranrjères Tel Salomon. qui, dans sa vieillesse, se laissa al'er, par amour pour ses femmes, à trahir le Dieu d Israël et à tionorer les idoles des autres nations. {Hois, I, xi).

17g. Pensant : se demandant

iS4. D'ajfro-ler, pour, à àfFronfer Construction vieillie.

187. Entendez ■ que. si mon cïurtriomph.iit de l'amour, je n'arracherais, etc.

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