Aoas sèvre. Sous-entendez : après nous en avoir nourri
Adieux, retours, départs pour de lointaines rives, IVrémoire qui revient pendant les nuits pensives A ce foyer des coeurs, univers des absents !
Ah ! que tout fils dise anathème
A l'insensé qui vous hiasplième ! a3o
Rêveur du groupe universel,
Qu'il embrasse, au lieu de sa mère,
Sa froide et stoïque chimère
Qui n'a ni cœur, ni lait, ni sell
Du foyer proscrit volontaire, , a35
Qu'il cherche en vain sur cette terre
Un père au visage attendri ;
Que tout foyer lui soit de glace.
Et qu'il change à jamais de. place
Sans qu'aucun lieu lui jette un cri I 24o
Envieux du champ de famille, //
Que, pareil au frelon qui pille r!^.'>i)7 :
L'humble ruche adossée au mur,
Il maudisse la loi divine
Qui donne un sol à la racine 245
Pour multiplier le fruit mùr 1
aa6. Adieux, retours. Allusion aux premiers voyages de la jeunesse de Lamartine.
228. Univers: lieu de réunion, p.ilrie commune et unique des absenb.
a3i. Hèveur du groupe universel. Allusion iiuï doctrines eoinmtinisles et internationalistes en vogue à cette époque (saint-simonisme, fouriérisme, etc.).
Que sur l'herbe des cimetières
Il foule, indifférent, les pierres
Sans savoir laquelle prier !
Qu'il réponde au nom qui le nomme »5o
Sans savoir s'il est né d'un homme
Ou s'il est fils d'un meurtrier !...
Dieu! qui révèle aux cœurs mieux qu'à l'intelligence I Resserre autour de nous, faits de joie et de pleurs, ^ , Ces groupes rétrécis où de ta providence ^-^rt^ -x^.^A*^ ,5^ Dans la chaleur du sang nous sentons les chaleurs ;
'Où, sous la porte bien close, La jeune nichée cclose ù-'-^'-' Des saintetés de l'amour
Passe du lait de la mère 260
Au pain savoureux qu'un père Péfrit des sueurs du jour ;
Où ces beaux fronts de famille,
Penchés sur l'àtre et l'aiguille,
Prolongent leui's soirs pieux : a85
0 soirs ! 0 douces veilh'es
Dont les images mouillées
Flottent dans l'eau de nos yeux 1
Oui, je vous revois tous, et toutes, âmes mortes !
0 chers essaims groupés aux fenêtres, aux portes ! 170
Les bras tendus vers vous, je crois vous ressaisir,
Comme on croit dans les eaux embrasser des visages
Dont le miroir trompeur réfléchit les images,
Mais glace le baiser aux lèvres du désir. /
a53. Révèle. Licence, pour révèles. V. XV, 3i-33 (note).
367. Sous: à l'abri de. — Pour la rime close, éclose, v. II. 33-26 (note).
Toi qui fis la mémoire, est-ce pour qu'on oublie?... Non, c'est pour rendre au temps à la fin tous ses jours, Pour faire confluer, là-bas, en un seul cours, Le passé, l'avenir, ces deux moitiés de vie Dont l'une dit jamais et l'autre dit toujours.
Ce passé, doux Éden dont notre âme est sortie, De notre éternité ne fait-il pas partie ? ' Où le temps a cessé tout n'est-il pas présent? Dans l'immuable sein qui contiendra nos âmes Ne rejoindrons-nous pas tout ce que nous aimâmes Au foyer qui n'a plus d'absent ?
Toi qui formas ces nids rembourrés de tendresses Où la niellée bumaine est chaude de caresses,
Est-ce pour en faire un cercueil ?
N'as-tu pas, dans un pan de tes globes sans nombre, ' Une pente au soleil, une vallée à l'ombre
Pour y rebâtir ce doux seuil ?
jgo
Non plus grand, non plus beau, mais pareil, mais le même, Où l'instinct serre un cœur contre les coeurs qu'il aime, Où le chaume et la tuile abritent tout l'essaim. Où le père gouverne, où la mère aime et prie, 295
Où dans ses pctils-fils l'aïeule est réjouie De voir multiplier son sein !
Toi, qui permets, ô père! aux pauvres hirondelles De fuir sous d'autres cieux la saison des frimas. N'as-tu donc pas aussi pour tes petits sans ailes So»
D'autres toits préparés dans tes divins climats? 0 douce Providence ! ô mère de famille Dont l'immense foyer de tant d'enfants fourmille, Et qui les vois pleurer, souriante au milieu, Souviens-toi, cœur du ciel, que la terre est ta fille 3o5
Et que l'homme est parent de Dieu !
276-279. Jours, toujours. V. II, 25-26 (note). 282-285. Présent, absent. V. II, i3d-i3G (nolo).
LA VIGNE ET LA MAISON 30:i
Pendant que l'âme oubliait l'heure,
Si courte dans cette saison,
L'ombre de la clière demeure
S'allongeait sur le froid gazon ; 3ie
Mais de cette ombre sur la mousse
L'impression funèbre et douce
Me consolait d'y pleurer seul :
Il me semblait qu'une maift d'ange
De mon berceau prenait un lange 3»^
Pour m'en faire un sacré linceul 1