‹ Oevres choisiesChapitre 8 sur 288 · XII LAMARTINE : OEUVRES CHOISIES · texte numérisé non relu

XII LAMARTINE : OEUVRES CHOISIES

\ <•<( ab«olunioiit inséparable du nom et de l'influGnce de

N'irit'U. 11 est regrettable que celui-ci nous soit si peu et si mal >connu.

Entre le moment où Lamartine adolescent sort du collège (septembre 1807) et celui où il entre dans la vie active s'écoulent de longues années confusément remplies par le travail, les voyages, les aventures sentimentales, avec des alternatives de foi en lui-même et de découragement profond; années très importantes pour la formation de son génie, mais où l'histoire de ce génie naissant est souvent obscure et difticile à suivre. Exception faite pour le voyage d'Orient (183^). d'où il rapportera de nouvelles A'ues philosopiiiques et surtout une esthétique nouvelle, on peut dire que Lamartine amasse entre 4807 et '!8:20 les sentiments, les souvenirs, les idées qui noura'iront toute sa poésie à venir. De là l'intérêt capital de cette période préliminaire: vide d'œuvres, ou du moins d'oeuvres qui nous soient parvenues, elle est pleine d'expériences et de pensées, parmi lesquelles il nousfautessayerdedémêler les principales.

L'édycation de Lamartine ne le préparait guère à être un homme de son temps. Tandis qu'un Vigny, élevé à Paris, a profondément et ardemment vécu toute la vie de son époque, voyant « la guerre debout dans le lycée * », Lamartine, au fond de son collège de province, est resté séparé du monde, livré à la douce influence, un peu assoupissante, de ses maîtres: à dix-sept ans c'est encore un enfant, sans contact avec ses contemporains. Les convictions ou les préjugés de sa famille contribuent à prolonger en lui l'enfance : ses oncles et ses parents sont d'accord pour lui défendre de servir Ronaparfe. L'oisiveté provinciale, les insipides occupations du gentilhomme campagnard, tel est l'avenir qui s'ollVe à lui. Plus tard, rendu clairvoyant par l'expérience, il signalera avec beaucoup de force à V^irieu le vice fondamental de leurcommune éducation : entre la France impériale, démocratique et matérialiste, et l'éducation royaliste et spiritualiste que recevaient alors tous les jeunes nobles, le désaccord était complet. Aussi se heurtaient-ils de toutes parts à l'impossibilité de vivre. De là, pour des âmes jeunes, débordantes d'enthousiasme et possédées du désir d'agir, un trouble très profond, parfois inguérissable. Les caractères les plus fermes pouvaient en rester marqués à jamais, et l'on sait que ce ma-

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