‹ Oevres choisiesChapitre 82 sur 288 · Déserts. V. I, 3.1 (note · texte numérisé non relu

Déserts. V. I, 3.1 (note

73. L'astre: le soleil. Cf. XXIV, i6 ; XXV, 37. — Carrière, pour course. Acception. classique

M'inonde de chaleur, de vie et de lumière,

Dans ses puissants rayons, qui raniment mes sens, 7S.

Seigneur, c'est ta vertu, ton souille que je sens;

Et quand la nuit, guidant son cortège d'étoiles,

Sur le monde endormi jette ses sombres voiles,

Seul, au sein du désert et de l'obscurité,

^lédilant de la nuit la douce majesté, 80

Enveloppé de calme et d'ombre et de silence,

Mon âme de plus près adore ta présence ;

D'un jour intérieur je me sens éclairer,

Et j'entends une voix qui me dit d'espérer.

Oui, j'espère, Seigneur, en ta magnificence : 8&

Partout à pleines mains prodiguant l'existence, *Tu n'auras pas borné le nombre de mes jours A ces jours d'icî-bas, si troublés et si courts. Je te vois en tous lieux conserver et produire : Celui qui peut créer dédaigne de détruire. 90

Ténioin de ta puissance et sur de ta bonté, J'attends le jour sans fin de l'immortalité. La mort m'entoure en vain de ses ombres funèbres, Ma raison voit le jour à travers ces ténèbres ; C'est le dernier degré qui m'approche de toi, gS

C'est le voile qui tombe entre ta face et moi. Hâte pour moi. Seigneur, ce moment que j'implore ; Ou, si dans tes secrets tu le retiens encore, Entends du haut du ciel le cri de mes besoins ! L'atome et l'univers sont l'objet de tes soins : 100

Des dons de ta bonté soutiens mon indigence. Nourris mon corps de pain, mon âme d'espérance; Réchauffe d'un regard de tes yeux tout-puissants Mon esprit éclipsé par l'ombre de mes sens, Et, comme le soleil aspire la rosée, io5

Dans ton sein à jamais absorbe ma pensée I

73-76. Sens (substantif), sens (yevbe). Rime faible. Cf. XX.III, 118-120 ; XX\II, 19-20 ; XLII, 1-2.

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