Eail: lieu d'exil. Cf. IV
3o. Ce lançjage senti : ce langage du sentiment, saisi directement par Ta me, «ans l'intermédiaire des organes corporels.
/il . L'ombre du monde : le monde sensible, qui n'est que l'ombre de la vraie réalité. Nouvelle trace de platonisme ; cf. I, (47: le vrai soleil.
tu. Au temps: à la durée. — Nous franchissons l'espace: nous nous élançons au delà des bornes de l'espace, c'est-à-dire de l'étendue sensible ; nous 'nous alTrancbissons de l'espace, comme du temps.
43. L'ordre éternel de la réalité, par opposition à l'ordre des apparences éphémères, au-dessus duquel le poète vient de s'élever.
46. Ce grand tout... tout est en lui. On aurait tort de s'appuyer sur des expressions de ce genre pour taxer Lamartine de panihéisiue. Son Dieu est un
Il est ; tout est en lui : ^l'immensité, les temps,
De son être infini sont les purs éléments ;
L'espace est son séjour, l'éternité son âge ;
Le jour est son regard, le monde est son image: 5o
Tout l'univers subsiste à l'ombre de sa main ;
L'être à flots éternels découlant de son sein,
Comme un fleuve nourri par cette source immense,
S'en échappe, et revient finir où tout commence.
Sans bornes comme lui, ses ouvrages parfaits 55
Bénissent en naissant la main qui les a faits :
11 peuple l'infini chaque fois qu'il respire ;
Pour lui, vouloir c'est faire, exister c'est produire !
Tirant tout de soi seul, rapportant tout à soi,
Sa volonté suprême est sa suprême loi. 6o
Mais cette volonté, sans ombre et sans faiblesse.
Est à la fois puissance, ordre, équité, sagesse.
Sur tout ce qui peut être il l'exerce à son gré ;
Le néant jusqu'à lui s'élève par degré : ,
Intelligence, amour, force, lieauté, jeunesse, 65
Sans s'épuiser jamais, il peut donner sans cesse ;
Et, comblant le néant de ses dons précieux.
Des derniers rangs de l'être il peut tirer des dieux!
Mais ces dieux de sa main, ces fils de sa puissance
Mesurent d'eux à lui l'éternelle distance, 70
Tendant par leur nature à 1 être qui les fit ;
Il est leur fin à tous, et lui seul se suffit !
Voilà, voilà le Dieu que tout esprit adore, Qu'Abraham a servi, que rêvait Pythagore,
dieu personnel, distinct du monde qu'il a créé, mais, en un sens, présent partout dans sa création. V. XLIII. 36 (note).
t\~l. Les temps : l'éternitc tout entière.
ig. L'espace : l'infini. Le mot n'a pas la même valeur qu'au vers 42.