‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 119 sur 351 · ACTE IV, SCENE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE VIL

CARLOS

A qui faut-il que je le rende?

A toi , vil oppresseur ! Si tu fais un seul pas , La Belgique est vengée.

Infant , n'hésitez pas :

Ou déposez ce glaive, ou soyez parricide.

CARLOS

L'empereur nous entend : que son ombre décide Qui mérita ce titre ou de vous ou de moi. Mon glaive est en vos mains: je ne le rends qu'au Roi. Mes amis sont sauvés , commandez vos supplices.

Tes amis! dis plutôt tes indignes complices; Des révoltés !

CARLOS

Un lâche eût pu les exposer.

L'infant m'appartient seul; j'ai droit d'en disposer. Soldats, inquisiteurs, je suis prêt à vous suivre.

Spinola, dans vos mains c'est l'infant que je livre: Au sein de mon palais, par moi-même appelé, Le tribunal suprême est déjà rassemblé.

Déjà !

Dictez l'arrêt; qu'on l'attende en silence. Mon ministère cesse et le vôtre commence.

CARLOS

Adieu, mon père.

ELISABETH

Non : ne quittez point ces lieux.

( A Philippe , en lui présentant Carlos. )

Il vous nomme son père, et Vous fait ses adieux.

Mes ordres sont donnés.

ELISABETH

Ecoutez.

Quoi, madame?

ELISABETH

Son secret m'est connu: son sort, je le réclame. Je veux , je dois , s'il meurt , partager son trépas.

CARLOS

Elisabeth ! Mon père, ah ! ne la croyez pas.

Soldats, par des lauriers sa tête est défendue; Sur lui de son aïeul la gloire est descendue ; Charles , du haut des cieux , lui prête son appui , Et l'ombre d'un grand homme est entre vous et lui.

Soldats, de votre roi reconnaissez l'empire.

ELISABETH

Si je disais un mot !

Et que pourriez-vous dire?

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