‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 139 sur 351 · BRUTUS, PORCIE, FULVIE · texte numérisé non relu

BRUTUS, PORCIE, FULVIE

BRU TU s.

V^ES cris que tout le camp jusques au ciel envoie, Et notre étonnement, et nos transports de joie, Après tant de douleur ne te surprendront pas : On avait répandu le bruit de ton trépas. Epouse de Brutus, compagne de ma vie.

Je te revois encor! tu ne m'es point ravie; Décimus m'annonçait que tu ne vivais plus.

PORCIE

Des récits indiscrets ont trompé Décimus. Des tyrans, disait-on, la cruauté jalouse Persécutait Brutus jusque dans son épouse. ' D'une main mercenaire empruntant le secours. On croyait que leur rage avait tranché mes jours. Voulant cacher à tous^ mes projets, mon absence. Je n'ai pas étouffé ces bruits dans leur naissance. Un affranchi, fidèle à nos grands intérêts,

2iG ' BRUTUS ET GASSIUS.

M'a conduite en ces lieux par des chemins secrets;

Et son zèle partout, partout notre silence

A trompé des tyrans la sombre vigilance.

3'arrive, je jouis de tes embrassemens,

Et je dois oublier en de si doux momens

Tous ces cruels chagrins , qui , depuis cinq années ,

Des amis de Brutus troublent les destinées.

Les vengeurs des Romains vont-ils tenter le sort?

BRUTUS

Oui , ce jour est marqué pour un si noble effort !

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