‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 190 sur 351 · CNÉIUS, SÉJAN · texte numérisé non relu

CNÉIUS, SÉJAN

CN ÉlUS.

iVLoi , dites-vous, Séj an, moi, César veut m'enj;endre?

SÉJAN

Vous-même. A cet honneur n'osiez-vous donc prétendre?

CNÉIUS

Jeune encore, à Tibère, à sa cour inconnu...

SÉJAN

Par des marques d'estime il vous a prévenu.

- CNÉIUS

Et que suis-je? Veut-il me parler de mon père?

SÉJAN

Je ne suis point admis aux secrets de Tibère.

CNÉIUS

Séjan, pour un ministre, est bien mal informé.

SÉJAN

Je crois que sans motif vous seriez alarmé.

Je le suis toutefois.

Sur quelle conjecture?

Pourquoi ?

CNÉIUS

Fulcinius est votre créature.

Sa voix contre mon père est prête à s'élever.

Et si c'était, Cnéius, pour vous le conserver?

Pour conserver Pison faut-il tant d'artifice? N'a-t-il donc plus les lois, le sénat, la justice?

^SÉJAN

De puissant ennemis l'accablent sous leurs coups.

CNÉIUS

Nul n'est puissant à Rome , hormis "César et vous.

SÉJAN

Moi ?

CNÉIUS

Cependant mon père est traîné dans le piège.

SÉJAN

Ne repoussez donc pas la main qui le protège.

CNÉIUS

Vous, protéger Pison! vous, Séjan !

SÉJAN

Cet orgueil.

De vos aïeux, Cnéius, fut l'ordinaire écueil.

296 TIBERE

Songez-y: la hauteur ne saurait que vous luiire. Adieu; dans l'art des cours César peut vous instruire;. De ce qu'il veut bientôt vous serez éclairci:' Je l'ai fait prévenir, et déjà le voici.

(Il sort.)

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