CNÉIUS, SÉJAN
CN ÉlUS.
iVLoi , dites-vous, Séj an, moi, César veut m'enj;endre?
SÉJAN
Vous-même. A cet honneur n'osiez-vous donc prétendre?
CNÉIUS
Jeune encore, à Tibère, à sa cour inconnu...
SÉJAN
Par des marques d'estime il vous a prévenu.
- CNÉIUS
Et que suis-je? Veut-il me parler de mon père?
SÉJAN
Je ne suis point admis aux secrets de Tibère.
CNÉIUS
Séjan, pour un ministre, est bien mal informé.
SÉJAN
Je crois que sans motif vous seriez alarmé.
Je le suis toutefois.
Sur quelle conjecture?
Pourquoi ?
CNÉIUS
Fulcinius est votre créature.
Sa voix contre mon père est prête à s'élever.
Et si c'était, Cnéius, pour vous le conserver?
Pour conserver Pison faut-il tant d'artifice? N'a-t-il donc plus les lois, le sénat, la justice?
^SÉJAN
De puissant ennemis l'accablent sous leurs coups.
CNÉIUS
Nul n'est puissant à Rome , hormis "César et vous.
SÉJAN
Moi ?
CNÉIUS
Cependant mon père est traîné dans le piège.
SÉJAN
Ne repoussez donc pas la main qui le protège.
CNÉIUS
Vous, protéger Pison! vous, Séjan !
SÉJAN
Cet orgueil.
De vos aïeux, Cnéius, fut l'ordinaire écueil.
296 TIBERE
Songez-y: la hauteur ne saurait que vous luiire. Adieu; dans l'art des cours César peut vous instruire;. De ce qu'il veut bientôt vous serez éclairci:' Je l'ai fait prévenir, et déjà le voici.
(Il sort.)