T I B È RI E
Venez, Cnéius; joignez-vous à Tibère:
Défendez avec' moi l'honneur de votre père : Celle qui l'accusait. ose lui pardonner, Tandis qu'ailleurs peut-être on veut l'assassiner.
\gR IPPINF.
MoiîgrandsDieux! moi,Tibèreî Ah! faut-il me défendre?
c N É I II s.
A vous justifier pourquoi daigner descendre? Le nom seul d'Agrippine interdit le soupçon , Et vous ne craignez pas les secrets de Pison. Mais vous, pères conscrits, vous devez tout coiinaîtrc : On vient de m'arracher du toit (jui m'a vu naître;
J'entends partout les cris de ce peuple égaré; , Partout le nom d'un père aux insultes livré; Partout Germanicus! Agrippine! vengeance!
Pison!... Sur l'Empereur on garde le silence. J'apprends que le sénat vient d'être convoqué; J'accours : je n'aurai pas vainement invoqué Votre appui, la justice et nos lois tutélaires; Envoyez vos licteurs , vos tribuns militaires : Que l'accusé , couvert de votre autorité , Sorte de son palais, et parle en liberté; Sans délai devant vous ordonnez qu'il se rende : Devant vous , sénateurs , que Tibère l'entende.
AGRIPPINE
Oui; vous reconnaîtrez, j'en atteste les Dieux,
Contre Germanicus un complot odieux.
C'est son ombre, c'est lui, c'est moi que l'on outrage.
TIBÈRE
Et césar encor plus ; mais il brave l'orage.
Rassurez vos esprits justement effrayés;
Par moi-même à l'instant des secours envoyés...
Des secours!
AGRIPPINE
Qui?
TIBÈRE
Séjan, la garde du prétoire.
séjan!