‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 208 sur 351 · TIBÈRE, AGRIPPINE, CNÉIUS, SÉJAN · texte numérisé non relu

TIBÈRE, AGRIPPINE, CNÉIUS, SÉJAN

SÉNATEURS, r, I C T î; IJ R S , GUERRIERS. S É J A N.

Le poignard que Pison s'est plongé dans le sein.

OEuvres posthumes. I. 2 1

Pison! par quel motif?

SÉJAN

Vous le savez sans doute.

TIBÈRE

Parle au sénat qui juge, à César qui t'écoute.

SÉJAN

Je vois ici Cnéius; et vous aurez appris Qu'une foule homicide exaltait dans ses cris Le vainqueur des Germains, sa veuve magnanime; Qu'au nom de leurs vertus on réclamait un crime. Mais les prétoriens me prêtaient leur appui, Ils appelaient Pison; j'arrivais jusqu'à lui, Quand déjà, croyant voir la troupe forcenée, Pison, d'un coup trop sûr, tranchait sa destinée. Dès qu'il entend parler de César et des lois, D'une âme ferme encorr, mais d'une faible voix: cf C'en est fait, me dit-il; la trahison m'assiège; « Tu sais quels ennemis m'ont préparé le piège : « On les nomme, on les vante; et, certain de périr, « Je leur prouve du moins qu'un Romain sait mourir. « Il faut, sans leur parler de crime ou d'innoceiice, « Annoncer que Pison succombe à leur puissance, « Leur présenter ce fer, ainsi qu'à mes amis, « Le porter au sénat, le donner à mon fils. »

CNÉIUS

Donne.

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