‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 222 sur 351 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

N'aura porté si loin le crime et le malheur.

ŒDIPE

Tu mens au nom du ciel, et le ciel te déteste; Mais pourquoi, dans ces lieux, ta présence funeste Outrage-t-elle encore un peuple désolé?

Tl R É s I A s.

Je ne vous cherchais point : vous m'avez appelé.

ŒDIPE

Insensé! pouvait-on prévoir un tel outrage?

Je vous semble insensé : vos parens m'ont cru sage.

ŒDIPE

Oui? Polybe! réponds.

TIRÉSIAS

Tout se dévoilera :

Ce jour vous fera naître, et ce jour vous perdra.

OE D I P E

Des mots mystérieux !

TIRÉSIAS

Œdipe les devine.

Ce qui fit vos grandeurs fera votre ruine.

OE D I p E.

Ah! quand tu dirais vrai, je bénis mes destins; Mon sang est trop payé: j'ai sauvé les Thébains.

TIRÉSIAS

Knfant, reconduis-moi. La vérité vous blesse: Sachez-la tout entière avant que je vous laisse. C'est en face du peuple , ici , qu'est l'assassin ,

346 OEDIPE-ROl.

Cru long-temps étranger, mais cependant Thébain.

Bientôt privé du jour, qui maintenant l'éclairé,

Sur un trône aujourd'hui, demain dans la misère,

Il ne lui restera qu'un horrible avenir,

Et d'un bonheur passé le cuisant souvenir.

Il se verra le fils et l'époux d'une mère.

L'héritier de la couche et l'assassin d'un père;

Il sera de ses fils frère et père à la fois :

J'ai tout dit. Jouissez, régnez, enfant des rois;

ilevoyez ce palais où Thèbes vous implore ;

Quand du sein de la nuit, qui les recèle encore,

Apparaîtront au jour ces funestes secrets.

Vous saurez si les Dieux m'ont dicté leurs décrets.

( Il sort avec OEdipe et l'enfant. )

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