‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 23 sur 351 · MANDANE, MEMNON · texte numérisé non relu

MANDANE, MEMNON

MEMNON

kJ fille d'Astyage ! est-ce vous que je vois ,

Quand tout sommeille encor dans le palais des rois,

Aux bords de l'Orient quand le mage contemple

Les premiers traits du dieu qu'on adore en ce temple !

Sa fête, après cent ans, plus brillante en ce jour,

Dans les murs d'Ecbatane est enfin de retour;

Fête à jamais auguste, époque fortunée.

Qui renouvelle ensemble et le siècle et l'année.

Son éclat solennel va redoubler encor :

Ici même aujourd'bui cet heureux Elénor

Qui, des mers d'IIircanic aux monts de la Taurique,

Renversa les remparts dans sa course liéroïque,

Doit offrir les drapeaux des Scythes révoltés. Subjugués mille fois et toujours indomptés. Vous , en qui cependant tant de grâce respire , Dont la vertu modeste embellit cet empire, Et que le suppliant nomme aux Dieux protecteurs Dans sa leconnaissance et jamais dans ses pleurs, Seule aux gémissemens vous semblez condamnée! En faisant des heureux, Mandaue infortunée. Près du trône éclatant où son père est assis, Lève au ciel des regards de larmes obscurcis.

M AN DAN E

Je n'aurais point, Memiion, l'infortune en partage, Si j'étais seulement la fille d'Astyage; Mais, veuve de Cambyse et mère de Cyrus, Je fatigue le ciel de vœux mal entendus. Qu'est-elle donc pour moi cette pompeuse fête, Quand Cyrus est proscrit, quand je crains pour sa tête ? Que sont-ils ces drapeaux par un autre conquis, Ce héros si vanté, mais qui n'est point mon fils? Ah! les jours de Cyrus abreuvés d'amertume, C'est là ce qui m'agite et ce qui me consume; C'est là, durant la nuit, ce qui rouvre mes yeux; Et ([uand l'astre divin qu'on adore en ces lieux Répand ses feux naissans et nous éclaire à peine, En son temple aujourd'hui c'est là ce qui m'amène. Interprète sacré de cette auguste loi, Que jadis le prophète et le pontife roi , Zoroastre, apportait aux peuples d'Assyrie,

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