‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 256 sur 351 · OEDIPE, ANTIGONE · texte numérisé non relu

OEDIPE, ANTIGONE

ŒDIPE

^ ILLE d'un père aveugle, 6 ma chère Antigone! Je n'irai pas plus loin; la force m'abandonne. En quel lieu sommes-nous? n'est-il point habité? N'y trouverai-je point, dans mon adversité, Un secours nécessaire et quelque bienveillance ? Le plus faible tribut suffit à l'indigence: L'habitude des maux les rend moins accablans. Cherche un appui solide à mes pas chancelans.

ANTIGONE

J'aperçois les débris d'un rocher solitaire. Venez: asseyez-vous; reposez-vous, mon père.

Ah! j'en avais besoin. Demeure auprès de moi.

A NT I GO NE

Toujours; et de mon cœur c'est k plus douce loi.

Mais le nom de ce lieu?

A NT I GO NE

Moi-même je l'ignore.

Parmi les habitans aucun ne vient encore. Je vois des oliviers, des pampres, des cyprès, Une cité prochaine, ici quelques forêts. Des filles de la nuit le temple respectable S'élève, et sert d'entrée à ce bois formidable.

OE D I P E

Quelle cité, ma fille, a frappé tes regards?

ANTIGONE

Athènes, si j'en crois l'orgueil de ses remparts.

OE D [ p E.

Athène! et c'est le bois des terribles déesses! O ma fille! Apollon va remplir ses promesses. Ici, près des remparts de l'auguste cité, Il a marqué la fin de ma calamité.

Vous, qui ne punissez que les vrais parricides, Accueillez votre OEdipe , 6 chastes Euménides ! Je sais que les Thébains, que mes fils odieux M'envîront le repos que j'espère en ces lieux : Daignez donc me couvrir d'un regard tutélaire, Et contre leurs efforts tournez votre colère.

Que par son Antigone OEdipe consolé

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