PEUPLE
ASTYAGE
LiE ciel, en ramenant cette fête sacrée. Qu'avant moi cet empire a dix fois célébrée, Sans changer l'univers renouvelle les temps. Dans l'âge qui n'est plus j'ai régné quarante ans ; Contre les factions soigneux de me défendre. J'ai répandu des pleurs, et j'en ai fait répandre; Nourrissant chaque jour les soucis inquiets , Ignorés sous le chaume, habitans des palais. Puissent nos vœux ardens trouver les Dieux propices! Puisse un siècle nouveau , sous de plus doux auspices , S'ouvrir en protégeant et ce peuple et son roi, Et vaincre les destins conjurés contre moi !
MANDANE
Ah! mon père! entouré d'éclat et de puissance, Pouvez-vous des destins accuser l'inclémence?
A.GTE II, SCÈNE I. 33*
Offrez un encens pur et d'équitables vœux. En semant le bonheur un monarque est heureux; Non, s'il est isolé dans sa grandeur suprême: Celui qui n'aime rien n'est point aimé lui-même.
H ARPAGE.
Elénor, précédant ses principaux guerriers, Seigneur, vient sur l'autel déposer ses lauriers.
MANDANE
Ah! j'éprouve à la fois l'espérance et la crainte.
ASTYAGE
Qu'il paraisse» abordons la redoutable enceinte Qui, des prêtres du temple ordinaire séjour, Au reste des humains ne s'ouvre qu'en ce jour.