ACTE II, SCENE II
Le ciel même a guidé votre jeune courage; Seul, en faveur de tous, vous pourrez obtenir Des signes fortunés, garans de l'avenir. Ne souillons pas l'autel par le sang des victimes; Mêlons à notre encens des souhaits magnanimes: Présentez-les aux Dieux; les Dieux seront calmés.
ELÉNOR.
Par le pontife roi feux jadis allumés , Feux qui, de notre Asie attestant les hommages. Brûlez incessamment, conservés par les mages, Em])lême des rayons de cet astre divin Qui n'eut point d'origine et n'aura point de fin ; Que le siècle naissant soit pur comme vous-mêmes; Que, respectant des lois les volontés suprêmes, Le prince ait des amis plutôt que des sujets; Sans craindre les combats, qu'il chérisse la paix; Que les pleurs des vaincus désarment sa victoire: Qu'il aime le mérite, et permette la gloire; L'estimer dans autrui, c'est déjà l'obtenir: Prompt à récompenser, qu'il soit lent à punir! Tels sont les vœux publics; j'ose les faire entendre: Puisse , avec eux , l'encens que ma main va répandre Monter jusqu'au séjour rayonnant de clarté ' Où règne, au sein des Dieux, l'éternelle équité!
MEMNON
Vos souhaits sont remplis, et jamais sacrifice N'obtint des immortels.un plus heureux auspice.
aiANDANE.
Le ciel exaucera des vœux dignes de lui. .
Roi, princesse, guerriers, peuple, c'est aujourd'hui Que va s'ouvrir pour vous le livre prophétique Inspiré par le ciel à la sagesse antique. D'un illustre destin le cours est commencé. Quel sort, Jeune héros à la terre annoncé. Te cache aux nations qui déjà t'ont vu naître? Les temps sont arrivés; tu viens; tu vas paraître. Ton nom sera Cyrus.
ASTYA.GE.
O ciel !
M AND A NE
O mon cher fils î
MEMNON
J'abaisserai le front de tes fiers ennemis ,
A dit le Dieu vivant : pour toi , ma main guerrière
Rompt des portes d'airain l'impuissante barrière;
Les rois , à ton nom seul , ont reculé d'effroi :
Mon souffle t'accompagne et marche devant toi.
Tes lois dans Israël font cesser l'esclavage;
Tyr abaisse à tes pieds l'orgueil de son rivage;
Tu brises son trident , qu'accusait l'Univers ,
Et tes vaisseaux vengeurs délivrent les deux mers.
Aucun ne doit en vain, dans ton empire immense.
Invoquer ta justice et même ta clémence;
Mille autres ont vaincu: tu sauras gouverner,