‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 2)Chapitre 331 sur 351 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

NATHAN

L'oublier! vous voulez en vain me le prescrire;

Et c'est de ce moment que je m'attache à vous.

Mon peuple! votre peuple! Eh! sont-ils donc à nous?

Fûmes-nous consultés en recevant la vie?

Qui de nous peut choisir son peuple et sa patrie?

Nos parens à leur gré font un juif, un chrétien;

Différence de mots. Dieu fait un homme. Eh bienl

Laissons se disputer Jérusalem et Rome.

Si dans vous, templier, mon cœur trouvait un homme

Qui d'un titre nouveau voulut se contenter?....

Vous le trouvez, Nathan; vous pouvez y compter. Vous trouvez plus encore; un ami : je veux l'être. Malheur à l'insensé qui peut vous méconnaître.

Je puis doue à Zoé porter un peu d'espoir?

MONTFORT

Epargnez-moi, Nathan : voudra-t-elle me voir?

NATHAN, apercevant Zoé à la fenêtre.

i.Iais déjà, ce me semble, elle vient nous entendre. ]Ma fille, auprès de nous tu peux enfin descendre. Vous ne m'avez pas dit votre nom, chevalier? C'est un point délicat que j'allais oublier.

MONTFORT

Olivier de Montfort.

NATHAN

Montfort !

Je'

5o8 NATHAN LE SAGE.

MONTFORT

Oui.

NATHAN

De Valence ?

MONTFORT

Il est vrai.

NATHAN

Votre père a vu le jour en France?

Pourquoi ces questions?

NATHAN

Pourquoi cet embarras?

MONTFORT

Quelquefois on croit voir...

NATHAN

Ce qu'on ne cherchait pas.

Vous avez un secret; demeurez-lui fidèle. Voici ma fille , adieu. Je vous laisse auprès d'elle. Je ne veux point gêner les mouvemens heureux D'un cœur reconnaissant et d'un cœur généreux. Je porte avec orgueil le beau nom de son père: Vous, son libérateur, soyez pour elle un frère.

(Il sort.)

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