ACTE II, SCÈNE III. ii
G O M È s , bas à Philippe.
Il n'a pu l'oublier.
Elle sort... Et le prince a répandu des larmes.
C A R I, o s , apercevant Philippe.
Mon père!
Qu'avez-vous ? De secrètes alarmes Se peignent sur un front d'ombres enveloppé. D'où vous vient, dom Carlos, cet air préoccupé? Les ennuis dévorans sont faits pour la vieillesse ; Mais lorsque les succès, la gloire, la jeunesse, A l'héritier d'un trône offrent des jours sereins, Son cœur doit, s'il est pur, ignorer les chagrins.
CARLOS
Un cœur pur est sensible; et tout âge a sa peine.
Vous êtes seul ici ? J'avais cru voir la Reine.
CARLOS
La Reine!
Elle aurait dû bannir ces vains soucis : Une mère a le droit de consoler son fils.
CARLOS
Vous êtes son époux; mais je n'ai plus de mère,
Soyez digne du moins de conserver un père.
CARLOS
Digne...
ii6 PHILIPPE II.
Il suffit.
D'Egmont est proche de ces lieux.
Sire , qu'ordonnez-vous ?
Qu'il paraisse à mes yeux.
D'Albe, vous entendrez d'Egmont et ma réponse.
CARLOS
C'est d'Albe qu'on accuse.
Et c'est moi qui prononce.
C A R I( o s , en se retirant.
Oui.
Pourquoi sortez-vous?
CARLOS, en se retirant.
Ah! sire, permettez...
Restez, prince.
CARLOS
Vous seul...
J'ai mes raisons: restez.