‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 3)Chapitre 130 sur 218 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Page 207 , vers 7.

Flétrissant tout-a-eoup le nom de Connétable.

Le Connétable de Bourbon, persécuté par la duchesse d'Angouléme, mère de François Ier, se vit contraint de chercher un asyle à la cour de Charles -Quint, dont il commanda les armées. La haine qui anima contre lui la duchesse d'Angouléme ne venait, disent quelques historiens, que d'un amour dédaigné. Le Connétable de Bourbon quitta la France en 1 5a3; il gagna, l'année suivante , contre l'Amiral de Bonnivet, la bataille de Rébec, où Bavard fut tué, et, en i525, la célèbre bataille de Pavie, où 1'/ mirai Bonnivet fut lue, et François Ier fait prisonnier. Il mourut, en 1527, au siège de Borne.

NOTES. a75

Page 207, vers 21 et 22.

Deux fois le duc d'Anjou, confondant leurs desseins, Dans un sang criminel a pu tremper ses mains.

Le duc d'Anjou , depuis Henri III , avait gagné deux batailles contre le parti calviniste : celle de Jarnac et celle de Moncontour.

Ibid.

Page 207 , vers 25 et 26.

Vous n'aimez que mon frère; et je passe mes jours A l'entendre louer, à l'admirer toujours.

Des quatre fds de Catherine de Médicis , Henri III fut celui qu'elle aima le plus. Charles IX était jaloux de cette préférence, et de la gloire que son frère avait acquise avant de régner.

Ibid.

Page 208, vers 9 et 10.

Hélas! ce prince aveugle, à lui-même contraire, Repoussait les conseils et le cœur de sa mère.

François II, dans l'espace très-court de son règne, fut gouverné uniquement par le duc de Guise et son frère le Cardinal de Lorraine.

Ibid.

Page 208, vers 23.

Nièce du grand Léon, fille des Médicis,

C'est-à-dire, petite-nièce de Léon X, fille de Laurent de Médicis, duc d'Urbin, neveu de ce Pontife célèbre.

Page 209, vers 19 et 20.

Avec Montmorenci je vis enfin s'éteindre

Le nom des Triumvirs, qui n'était plus à craindre.

Le Triumvirat était formé tin Duc de Guise, du Connétable de Montmorenci et du Maréchal de Saint-André. Ce dernier mourut, en i562 , à la bataille de Dreux; le Duc de Guise fut assassiné, l'année suivante, au siège d'Orléans; le Connétable de Montmorenci fut tué, en 1567, à la bataille de Saint-Denis. Il ne savait ni lire ni écrire. La mort de ces trois hommes renforça beaucoup le parti protestant, déjà très- fort depuis le massacre de Vassy, premier signal des guerres civiles. Les grandes injustices révoltent; ceux qu'on voulait opprimer deviennent plus grands : après le massacre de Vassy, les Calvinistes furent en état de livrer des batailles. La Saint -Barthélemi produisit la Ligue. Les protestans ne furent point détruits; et ceux même qui avaient conseillé le crime pour relever, disaient-ils, l'autorité royale, prête à tomber en France, profitèrent de l'horreur universelle pour anéantir cette autorité. L'assassinat du Duc de Guise aux États de Blois fit égorger Henri III et son illustre successeur.

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