SCENE IV
DORIMON
Je l'ai vu, Madame; et je me rappelle encore les vers que tle mauvais plaisans inscrivirent sur le piédestal.
LA VIDAME
Quels vers? je n'en ai pas entendu parler,
DOR1MON
Des vers que tout le monde sait, Madame, des vers de Boileau... que ma mémoire pourtant ne me rappelle qu'imparfaitement :
Il n'est point de serpent
Qui, par l'art imité, ne puisse plaire aux yeux.
Je ne crois pas que l'Abbé ait le ridicule de se piquer de beauté ; mais , voilà une application bien impertinente.
LE CHEVALIER
Remettez- vous, l'Abbé : il n'est de serpens que ceux de l'envie. Allons, parlez-nous un peu de Charles IX.
LA BARONNE
Eh ! oui : vous voyez notre impatience.
l'abbé.
Vous me permettrez , Madame , de remonter un peu haut, et de vous rendre un compte succinct de tous ceux qui , avant l'auteur, avaient traité le même sujet.
LA VICOMTESSE
Voilà bien sa manière : il va nous apprendre ce
qui s'est dit sur Charles IX depuis la création d« monde.
LE CHEVALIER
On ne conçoit pas où il prend toutes les recherches ,tout le génie qu'il met dans ses petites annonces.
DORIMON
Je dirais bien à l'oreille de monsieur l'Abbé tout le secret de cette érudition.
LA VIDAME, à Dorimou.
Ne l'interrompez pas, Monsieur; et vous, l'Abbé, dispensez-vous, pour cette fois, de tout préambule, et arrivons, en droite ligne, à Charles IX.
Vous perdrez de précieux détails , Madame : le fameux Nathaniel Lèe...
LE CHEVALIER
Nathaniel Lèe? Voilà un nom fameux que j'entends pour la première fois.
LA VI DA ME
Tenez, l'Abbé, vous allez me désoler avec vos citations.
LA BARONNE
Au fait, de grâce.
l'abbé.
Eh bien! Mesdames, puisque vous avez tant d'impatience, j'entre en matière, et je vous dis que Char- Us IX est un pitoyable ouvrage.