ACTE II, SCENE I
La honte, la douleur qui s'attache à mes pas!... Pourquoi me parliez-vous de vos affreux combats? Il n'est plus de lauriers, de combats, de victoire; Je ne puis qu'être heureux ; j'avais besoin de gloire^" Heureux! non, je poursuis un bonheur incertain.
Dieu! qu'entends-je ?
TU RENNE
Et comment deviner son destin ?
Voilà ce qui remplit mon âme intimidée. Madame, il est trop vrai, cette importune idée Tourmente nuit et jour mes esprits effrayés , M'assiège auprès de vous , me poursuit à vos pies. Je consulte mon cœur: vous dictez sa réponse. Toutefois, le passé, le présent ne m'annonce Qu'un destin sans honneur, que des jours de courroux. Puisse au moins l'avenir se déclarer pour nous ! Ah! sans aller nous perdre en ces incertitudes, Bornons le cours amer de tant d'inquiétudes; Ne cherchons point comment nous serons plus heureux : Ne voyons que l'amour, n'écoutons que nos feux, Et l'espérance, hélas! l'espérance suprême, Qui tient lieu du bonheur, qui peut-être est lui-même.
AZÉMIRE
Soliman vient encor troubler nos entretiens.
92 AZÉMIRE.'