‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 3)Chapitre 56 sur 218 · ACTE IV, SCENE I. n · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I. n

On ne m'a pas instruit à contraindre mon cœur; Et ce cœur, indocile aux conseils de la gloire, Ne sait ni remporter ni feindre la victoire. Si je suis Soliman , si l'on m'ose outrager, Si j'ai versé des pleurs, je prétends les venger.

NARSKS.

Eh bien ! Seigneur, eh bien ! confiez-vous au glaive :

Vengez- vous. Si la Reine a besoin d'une trêve,

Déclarez aux chrétiens que la guerre est pour vous;

Ils chancèlent : sur eux précipitez vos coups;

Et , défaits à demi par votre renommée ,

Une seconde fois traversez leur armée.

J'adopte vos drapeaux, Seigneur; je ne veux pas

Pour un vil étranger affronter les combats,

Et, toujours d'une reine adorant les caprices,

Sous un joug sacrilège abaisser mes services.

Ainsi de vos soupirs vous vengerez l'affront;

Et bientôt, croyez-moi, ses regrets vous suivront :

Il faudra que son cœur, s'ouvrant à la lumière ,

Se déclare pour vous avec l'Asie entière.

SOLIMAN

Ami, ne perdons pas des momens précieux: L'envoyé des chrétiens approche de ces lieux; Turenne est avec lui. Je sens que leur présence Irrite dans mon cœur la soif de la vengeance.

u8 AZÉMIRE.

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