Cailhava
2. Bartlie (Nicolas Thomas), né à Marseille en lyS'i, auteur de plusieurs comédies, telles que X Amateur, les Fausses infidélités, la Mère jalouse , et \Homme personnel. Ces diverses come'dies, non dépourvues de mérite, ont en général obtenu peu de succès. Pour se consoler de ces disgrâces théâtrales , Barthe entreprit, à l'imitation d'Ovide, son auteur favori , un poëme de V Art d'Aimer, qu'il aurait pu intituler avec plus de justesse : VArt de séduire. La versification en est facile ; les portraits y sont voluptueux , et les mœurs du jour assez bien saisies. On n'a publié c|iie quelques fragmens de ce poëme. {Note de l'Éditeur.)
Sachant que tôt ou tard la splendeur de sa vie Imposera silence aux clameurs de l'envie; Certain que les Français, que l'univers un jour Doit de ses ennemis le venger sans retour. Homme rare, en effet, dans le siècle où nous sommes! Désormais notre scène a perdu ses grands hommes; Et la patrie en deuil pleure encore aujourd'hui Au tombeau de Voltaire, immortel comme lui. Beaumarchais atteindra la palme du comique. S'il veut bien devenir moins plat et moins cynique: Parfois il fait rougir le goût et la pudeur. Bouffon charmant, du reste, et non sans profondeur; Parmi les Tabarins assis au rang suprême , Au dessus de Scarron, de Montfleury lui-même; Enfin, pour achever et le peindre en un mot, Doué de tout l'esprit que peut avoir un sot.
Mais toi, qui, de nos jours, sus réunir en France Le sel d'Aristophane et le goût de Térence; Toi , qu'au siècle dernier la satire eût loué ; Toi , que pour successeur Molière eût avoué ; Aux douceurs du repos noblement indocile. Quitte enfin, cher ami, ce rivage tranquille; Abandonne, crois-moi, l'ombre de tes berceaux; Revoie vers Paris, et reprends tes pinceaux. Du théâtre souillé viens chasser les profanes; Viens , montre-nous encor l'auteur des Courtisanes. De Molière, en effet, si tu fus l'héritier, A de si beaux destins livre-toi tout entier.