I . Pythagore
4io DÉBUT DU POEME DE LUCRÈCE.
Eli des tems plus heureux celle qui la première
Nomma le roi des rois de ce doux nom de père,
A pas lents aujourd'hui s'approchant de l'autel ,
Sur son front vertueux sent le bandeau mortel,
Voit aux mains de Calchas le poignard inflexible.
Et son père présent à cette scène horrible ,
Son père au désespoir, toute la Grèce en pleurs.
Stérile désespoir! inutiles douleurs!
D'un œil qui ne voit plus , la triste Iphigénie,
Redemandant au ciel le reste de sa vie ,
Déjà toute à la mort, contre un si rude coup
En vain se préparant, chancelle tout à coup.
L'innocente princesse à l'autel est traînée ,
Non pour former les nœuds d'un illustre hyménée.
Lorsqu'à peine elle touche à l'âge oii ces beaux nœuds
D'un époux , d'un héros , auraient comblé les vœux .
Pour apaiser Diane, et les vents en colère,
Elle tombe; et son sang rejaillit sur un père.
Tant la Religion sait endurcir les cœurs!
Tant sa coupable voix inspire de fureurs !
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