‹ OEvres de M.J. Chénier, précédées d'une notice sur Chénier (volume 5)Chapitre 58 sur 180 · A II B K R T I N · texte numérisé non relu

A II B K R T I N

Il en est cinq au plus. Ne perdons point de teins. Vous avez un dépôt de deux cent mille francs Du bien de feu Gourville.

Eh! pure calomnie.

Cherchez; rappelez- vous un dépôt...

BRULAR D.

Je le nie.

AU BERT IN

Le nier, c'est fort mal; mais vous l'avez pourtant.

BRULAR D.

Vous pouviez m'épargner ce propos insultant.

AU BERT IN

Rendez ; je vous promets beaucoup de politesse.

Ayons en actions plus de délicatesse,

Et moins dans les discours. Le dépôt est certain.

BRUL ARD

Mais, qui donc êtes-vous?

Jean-Christophe Aubertin.

loo NINON.

BRU LARD

Oh! j'y suis. Aubertin, notaire de Gourville.

A UBERTIN.

Vous ne vous trompez pas.

BRULARD

Fort connu dans la ville.

AUBERTIN

Je m'en flatte.

BRULARD

Et suspect pour ses opinions; Aimant fort peu la bulle.

AUBERTIN

Encor moins les fripons.

Respectez mon état.

AUBERTIN

Respectez-le vous-même.

BRULARD

Vous m'outragez, monsieur. Quelle insolence extrême! Un grand pénitencier! un serviteur de Dieu! Prêchant devant le roi!

AUBERTIN

Prêchez vous donc un peu.

BRULARD

Vous êtes janséniste.

AUBERTIN

Eh! non; je suis notaire; Véridique de plus, et bon dépositaire.

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