ACTE 111, SCENE V. io
BRULARD
Ah! l'espérance î Vous avez très-mal fait de revenir en France.
GOURVILLE
Mais...
BRULARD
Vous étiez si bien! J'ai peine à vous revoir..
GOURVILLE
Je le crois.
BRULARD
Je voudrais qu'il fût en mon pouvoir De' vous faire à l'instant rejoindre votre asile; Et, plus vous seriez loin, plus je serais tranquille.
GOURVILLE
Vos discours ambigus ne sauraient me tromper ; J'ai pu VOUS croire honnête, et me laisser duper; Mais avec Aubertin je viens de vous entendre. Vous niez les dépots.
BRULARD
Qu'avait-il à prétendre?
Je ne m'explique point avec les étrangers : Un aveu de ce genre a toujours ses dangers.
GOURVILLE
Laissons là des dangers que je ne puis comprendre. Comment agirez-vous avec moi ?
BRULARD
Je dois rendre...
GOURVILLE
c'est parler.
io6 NINOIN.
BRULARD
- Rendre grâce à Dieu, dont la bonté Vous ramène à Paris en parfaite santé.
GOURVILLE
Rendrez-vous mon dépôt?
BRULARD
Tenez : dans votre affaire, Un hoimete, avisé, discret dépositaire Voit l'intérêt du Ciel, et voit encor...
GOURVILLE
Le sien?
BRULARD
Non; l'intérêt du Ciel n'est autre que le mien; Mais l'intérêt du roi.
GOURVILLE
Du roi !
Du roi lui-même.
GOURVILLE
Vous me croyez proscrit: je vous devine; et j'aime
A vous voir protéger et le Ciel et le roi.
Il s'agit de mon bien : vous n'oubliez que moi.
BRULARD
On est chrétien, sujet; et la prudence exige De réfléchir...
GOURVILLE
A quoi?