DE LA SATIRE
Page ii6, vers 3 et suivans.
Au lieu de
Je suis outré le malheur m'environne, etc. etc.
il y avait, dans les éditions précédentes :
C'est dans Bagnol que j'ai vu la lumière. Au cabaret où feu mon pau\Te père A juste prix faisait noce et festin , Entre les pots commença mon destin.
Je courtisais les nymphes de Mémoire ; J'aimais dès-lors , et j'aime encor la gloire; Je la che'ris , mais en femme de bien ; Au grand jamais elle n'en saura rien.
Pour voir Paris , de'laissant ma retraite , Je me fais comte , et je me crois poète... Dans maint journal enterré tout vivant, A maint comptoir applaudi fort souvent.
En mon cerveau j'esquisse maint beau livre , Et je deviens un grand homme pour vivre. Mauvais métier, j'avais trop de rivaux.
J'imaginais que de tous mes travaux Argent, honneur, seraient la récompense:
L'événement détruit mon espérance ; Et je m'en vais , etc. , etc.
VARIANTES. 19.6
Page 1 18, vers -aS.
Ali lieu de
On a tout dit :
I, E PUBLIC
C'est fortement pensé.
Dans les éditions précédentes le vers n'est pas coupé. La réplique de l'Anonyme finit à ces mots :
"C'est de tout point un projet insensé.
et le Public continue :
« Fort bien : c'est neuf, et fortement pensé.
Page 119, vers 3 et suivans.
Au lieu de
■< As-tu créé du moins quelque chanson, Etc. etc.
Le dialogue est ici coupé dans les éditions précédentes : le Public demande à l'Anonyme :
Qu'as-tu donc fait?
celui-ci lui répond :
Charades et chansons, Petite prose et petits vers gascons , Discours français, qui dans la Germanie Ont obtenu des prix d'académie.
J'ai fait de tout, etc. etc.
Page 121 , vers 18 et suivans.
Au lieu de
Viens: fais-toi jour en des routes nouvelles. Etc. etc. ;
OEnvres ;mciennp.s. III. Q
i3<) VARIANTES.
il y avait dans les éditions précédentes :
Dans l'almanach qu'aucuns nomment des Muses Tu veux briller! pauvre enfant, tu l'abuses; Fais des pamphlets, etc., etc.
Page 122 , vers 3 et 4- Au lieu de :
Mets à profit mon avis salutaire; Déchire, ments, calomnie, exagère, Etc. etc.;
il y avait dans les éditions précédentes :
Déchire, ments; que ta plume affamée Fasse la guerre à toute renommée ; Suis mon exemple; etc., etc.
Page 124, vers 5 et suivans.
Au lieu de :
De honte, au moins. Dans le fond tu m'affliges; Pauvre garçon! d'où viennent tes vertiges? Quel noir délire, etc. etc.;
û y avait dans les éditions précédentes :
LE PUBLIC
Pauvre garçon! d'où te vient ce délire? Tout pauvre diable est enclin à médire. 3Iais quel travers a brouillé ton cerveau? Oui, j'aime à voir un Horace , un Boileau, Qui , des beaux arîs né censeur légitime , Sait dispenser le mépris et l'estime; Mais je déteste un impudent Gacon Qui , ne pouvant gravir sur l'Hélicon , Et s'enivrant, loin des eaux d'Hypocrène, Du fin nectar des coteaux de Surène,
DU PUBLIC ET L'ANONYME. Tir
Rieur maussade , et zélé pour le mal ,
Sur son fumier s'érige un tribunal.
Du dieu des vers la lyre enchanteresse
Se mêle aux chants des cygnes du Permesse;
Mais son courroux , d'un trait rapide et sûr,
Lance la mort sur le reptile impur,
Vil composé de rage et de faiblesse,
Et , des poisons de son souffle odieux ,
Flétrissant l'air qu'ont respiré les dieux.
Du noir Python si la rage t'anime ,
Pour être lu garde au moins l'anonyme;
Point de détours , point de nom supposé ;
A dire vrai , tu t'es mal déguisé :
Grimaud, d'accord; mais non de la Reynière.