SUR ERMENONVILLE
Li oiN des murs bruyans de la ville.
Je vais, sous l'ombrage des bois, Révérer dans Ermenonville Les mânes du grand Genevois.
Celui qui fit parler Julie, De la vérité seule épris, D'une douce mélancolie Echauffa ses divins écrits.
Jeune encor, de son éloquence J'ai su goûter l'austérité; Presqu'au sortir de mon enfance J'ai contemplé la vérité.
J'ai vu l'homme ennemi perfide, Habile et prompt à se venger,
ODE SUR ERMENOIN VILLE. :5oi
Ami léger, faux ou timide, Amant volage ou mensonger.
Son sort est de porter envie A ceux dont il est envié; Persécuté pendant sa vie, De. mourir, et d'être oublié.
Le présent fuit avec vitesse ; Le présent échappe à son cœur; Et, né pour désirer sans cesse, Il n'est point né pour le bonheur.
Il en goûte au moins l'apparence Dans le passé, dans l'avenir :
Si la jeunesse a l'espérance, La vieillesse a le souvenir.
ODE
SUR