‹ Offenbach en AmériqueChapitre 10 sur 24 · GREAT SALE OF SERVING MACHINES BROADWAY N · texte numérisé non relu

GREAT SALE OF SERVING MACHINES BROADWAY N

Était-ce une plaisaHterie ? Ces messieurs voyageaient-ils sérieusement pour leur maison ? Je pencherais plutôt pour cette dernière hypothèse. Quoi qu'il en soit, tous les passants se retournaient, riaient, et regardaient l'affiche. Le marchand avait atteint son but.

On trouve des annonces partout et de tous les genres. Il n'y a pas de drapeau pendu à une fenêtre qui ne soit défiguré par une réclame. Les rues sont, çà et là, surmontées d'arcs-detriomphe qui n'ont d'autre but que de donner avisde ventes prochaines. Lesmurssont tapissés d'affiches d'une grandeur inouïe. Les marchands de moutarde font graver leur nom et leur adresse sur le pavé des rues. Il pleut des prospectus dans les omnibus et dans les voitures, sans compter les placards pendus à l'intérieur.

Sozodont !.. voilà un mot que j'ai vu partout et dont j'ignore encore le sens. — C'est certainement une annnonce. Un Américain aurait demandé ce que cela voulait dire. Mais, en véritable Français, je ne m'y suis pas intéressé à ce point-là.

Cependant, en chemin de fer, j'ai lu machinalement sur un poteau du télégraphe les mots suivants : Only cure for rheumatism. Seul remède contre le rhumatisme. Ni plus ni moins. Était-ce parce que je connais des gens affligés de ce mal ou à cause de l'étrangeté de l'annonce, je n'en sais rien, mais je me mis malgré moi à guetter les poteaux. Un kilomètre plus loin je la revis, mais toujours sans le nom de l'auteur; plus loin le même phénomène se produisit, et ainsi de suite pendant une dizaine de kilomètres. Au onzième, je lus à ma g];andejoie le nom de l'individu et son adresse. J'ai failli aller acheter sa drogue en descendant du train !

Décidément l'annoncier américain joue sur la cervelle humaine comme un musicien sur son piano.

La nuit, on annonce au gaz, à la lumière électrique, au pétrole. 11 n'est pas jusqu'à la lanterne magique qui ne soit devenue un instrument de publicité.

Des hommes se promènent, enfermés dans des baraques de papier, illuminéesà l'intérieur et portant des inscriptions sur leurs quatre faces.

Un cheval de car tombe de fatigue après avoir traîné cinquante personnes pendant toute la journée, — vite un gamin s'élance et lui colle une affiche sur le nez:

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