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Un de mes premiers soins en arrivant à New- York a été de parcourir les théâtres encore ouverts.
Les principaux théâtres de la ville sont admirablement bien installés. Tous bâtis sur le même modèle, ils ont la forme d'un vaste amphithéâtre, olTrant une longue suite de gradins superposés. Il n'y a que huit loges dans chacun d'eux : quatre loges d'avant-scène à droite, quatre loges d'avant-scène à gauche. Encore ces loges sont-elles délaissées. La plupart du temps, on les trouve vides, même quand le reste de la
salle esl comble. La meilleure société préfère
les fauteuils d'orchestre et de première galerie.
Comme il y a très-peu de directeurs ayant une situation fixe, les théâtres sont loués pour une saison, pour un mois et même pour une semaine.
Un directeur a le droit de faire trois ou quatre fois faillite; il n'est pas déconsidéré pour si peu. Plus il fait de plongeons, plus il revient sur l'eau.
On m'a montré un directeur honoré de six ou sept faillites en me disant :
— Il est joliment habile celui-là. L'hiver prochain, il produira une troupe superbe.
— Mais comment fait-il pour trouver de l'argent? demandai-je.
— Ce sont les personnes à qui il doit qui lui en prêtent dans l'espoir quiil fera de bonnes affaires un jour et qu'elles retrouveront tout ce qu'elles ont perdu.
L*Académie de musique esl le théâtre où l'on joue le grand opéra. Je n'ai pu le voir, parce qu'en huit mois, il n'a joué que pendant soixante jours. Il a eu quatre semaines de vogue quand Tielgens a paru dans la Norma. Puis Strakoch est arrivé avec la Bellocca qui n*a pas eu grand succès, malgré les réclames étourdissantes qui l'avaient précédée.
Les périodes les plus brillantes de ce théâtre ont été celles du passage de Nillsson, de la Lucca, de Morel, de Capoul et de Camposini.
A Bootlis theater, on joue la tragédie, la comédie ou l'opéra, selon la fantaisie du directeur qui loue la salle. J'y ai vu représenter Henri V par un artiste qui ne manque pas de mérite, M. Regnold. La mise en scène était Irèsbelle.
Huit jours après, on donnait sur la mémo scène VEtoile du Nord avec miss Kellog, canliitrice anglaise, (jui flotte entre lrenle-den\ rt
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trente- quatre ans et qui a une fort belle voix. L'opéra de Meyerbeer n'ayant pas été suffisamment répété, manquait absolument d'ensemble dans le finale du second actesurtout. Leschœurs et l'orchestre couraient les uns après les autres. Course inutile. Ils n'ont jamais pu se rejoindre. On croyait assister à une œuvre médiocre de Wagner.
Par exemple, ce qui ne manquait pas de gaîté, c'était de voir, aux fauteuils d'orchestre, confondus parmi les spectateurs , quelques trombones et quelques bassons qui poussaient une note de temps à autre. J'avoue que cela m'intriguait. Quels étaient ces musiciens? Fallait-il voir en eux des amateurs, des trombones de bonne volonté qui venaient sans invitation donner du renfort à l'orchestre? Mon incertitude ne fut pas longue. Un coup d'œil me suffit pour découvrir la cause de cette anomalie. L'emplacement réservé aux exécutants n'ayant pas été
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suffisamment agrandi, on avait dû reléguer les cuivres au delà de la balustrade.
A l'Union Square theater^yàl vu Ferreol représenté en anglais par une très-bonne troupe d'ensemble. J'ai assisté à une représentation de Conscience^ une pièce très-habilement faite par deux jeunes auleurs américains, MM. Lancaster et Majuns. C'est là encore, m'a-t-on dit, que Rose Michel fut joué avec un immense succès.
Le soir oii j'ai été à Wallack's r/î^fl?er, l'affiche annonçait la quatre centième réprésentation d'une pièce intitulée The Mighty Dollard, le Puissant Dollar. Les principaux rôles étaient tenus par deux artistes hors ligne , M. et madame Florence. L'un m'a rappelé notre excellent Geoffroy, et l'autre notre sémillante Alphonsine. Ce couple d'artistes qui joue depuis plus de vingt ans ensemble est des plus aimés en Amérique. Quant aux autres acteurs ils m'ont frappé par l'ensemble parfait de leur
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jeu. J'ai remarqué surfout une charmante ingénue qui a dix-sept ans à peine, qui se nomme miss Baker et qui tient son emploi de jeune première d'une façon très-remarquable. Je n'ai pas oublié non plus une excellente jeune personne miss Cummins.
Le Wallack' s Theater esidirigé\)arM. d'Entsch, un des plus jeunes et des plus habiles impressarii de New-York. Pour donner une idée de ce que c'est qu'un directeur américain, M. d'Entsch a réengagé M. et madame Florence pour quatre cents nuits. Il doit parcourir avec ces artistes toutes les principales villes de l'Union de New-York à San-Francisco, en jouant toujours la même pièce, le Mighty dollard.
Impossible de voir le Lyceiim Theater^ fermé pour la saison d'été. C'est dans ce théâtre que Fechter a eu tant de succès dans la Dame aux Camélias et dans plusieurs autres pièces. On y a joué aussi des drames avec chœurs et orchestre.
LES THEATRES DE NEW-YORK o:\
C'est au Lyceum Theater que pour la première fois on mit l'orchestre hors de la vue du public, tentative que Wagner renouvelle en ce moment à Bayreuth. On a bien vite trouvé les inconvénients^de cette innovation. D'abord l'acoustique était très-mauvaise; puis les musiciens, entassés dans un bas-fond et ayant trop chaud, se rafraîchissaient comme ils pouvaient. Le premier soir, ce fut un violon qui défit sa cravate et qui déboutonna son gilet. Le lendemain, les altos ôtaient leursjaquettes et jouaient en manches de chemise. Huit jours après, lous les exécutants se mettaient complètement à leur aise.
Un soir, le public vit tout à coup sortir dos dessous du théâtre un léger nuage de fumée. Il y eut une véritable panique.
C'étaient les musiciens qui fumaient!
Cette alerte suffît pour que l'on se débarrassât non pas des musiciens, mais de celte ridicule
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invention. Les exécutants remirent bravement leurs habits et reprirent leur place dans la salle.
Un autre théâtre que je n'ai pu voir, c'est le grand Opéra-House. fermé comme le précédent.
Opéra-House a été construit par le fameux Fisk, assassiné comme on sait par son ami Stokes.
Ce Fisk était une des physionomies les plus originales et les plus marquantes de New-York. Parti de très-bas, il vendait dans sa jeunesse de la petite mercerie et de la pommade. Il est devenu non-seulement directeur du plus grand théâtre de New- York; mais aussi viceprésident d'un chemin de fer, commodore d'une ligne de steamers et colonel d'un régiment.
Il avait de l'audace et de l'énergie dans ses entreprises et beaucoup d'originalité dans sa faço de faire. Toute personne qui voulait être employée dans le chemin de fer qu'il dirigeait devait préalablement s'enrôler dans le régiment
qu'il commandait. Il s'était composé de cette façon un des plus beaux régiments de New-York. Parfois il lui prenait fantaisie de réunir tous ses soldats et de les faire galamment défiler sous les yeux de quelque belle dame. Ce jour-là le chemin de fer faisait relâche et les stations étaient fermées sur toute la ligne.
Le somptueux colonel avait des équipages et des chevaux magnifiques. Il ne sortait jamais que dans une grande et belle voiture découverte attelée de huit chevaux.
Il y a une histoire d'amour qui explique sa mort tragique; le grand impressario fut la victime d'un drame intime, et une double vengeance décida de son sort.
Du reste, voici les faits :
Fisk devint éperdument amoureux d'une belle Américaine à laquelle il fit une cour insensée. Spectacles prodigieux donnés en son honneur, défilés du fameux régiment, relâches successives
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de son chemin de fer, il mit tout en œuvre pour réussir, et naturellement il réussit. Naturellement aussi, la première chose que fit Fisk fut de présenter sa maîtresse à son ami Stokes. Depuis le roi Gandaule les amants ont toujours été les mêmes. Stokes avait une assez helle fortune; il trouva la belle à son goût et Fisk devint... le plus heureux des trois jusqu'au jour où un hasard lui fit découvrir la trahison de son ami.
Je ne sais si son premier mouvement fut de porter la main à son revolver; mais je sais que la réflexion lui fit abandonner cette solution comme insuffisante. Il avait trouvé mieux.
Sans témoigner en aucune façon à son ami Stokes la haine qu'il lui portail, il parut s'attacher davantage à lui. Il le fit entrer dans certaines afTaires qu'il dirigeait, engager tout son avoir sur des valeurs qu'il soutenait, puis quand il l'eut bien enferré, il jotn du papier sur la
place, encombra le marché, provoqua une baisse formidable à la suite de laquelle le bon ami Stokes fut complètement ruiné.
Je pense que Fisk, satisfait de sa petite combinaison, eut alors un entretien avec Stokes dans lequel il lui expliqua le pourquoi et le comment de sa ruine. Ce qu'il y a de certain, c'est que Stokes, qui ne comprenait probablement pas la plaisanterie, jura à son tour de se venger. Gomme il avait moins d'esprit que son ennemi, il eut recours à un procédé vulgaire, mais sûr. Il attendit un jour que Fisk sortît de Central Hôtel où logait la belle Américaine, et il lui brûla tranquillement la cervelle.
Si Fisk avait survécu, il aurait certainement fait faire avec ce sujet un beau drame pour son théâtre.
Le dernier théâtre oîi je suis allé est le Fifth avenue Thealer, une ti'ès-belle salle, où l'on jouait un gros drame, Pique, dont les situations
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avaient été pillées un peu partout. Le drame, bien entendu, est de M. Boucicault.
Il y a encore à New-York deux théâtres allemands et un théâtre français, qui joue de temps à autre, quand il trouve un directeur. Gela arrive quelquefois.
Je ne dois pas terminer ces notes sur les théâtres américains sans parler d'une petite salle où j'ai entendu les Minstrels.
Là, il n'y a que des Nègres. Les artistes sont nègres, les chœurs sont nègres, les machinistes sont nègres, le directeur buraliste, le contrôleur, l'administrateur, ni homme ni femme, tous Moricauds.
En arrivant au théâtre, j'aperçus un orchestre, nègre, cela va sans dire, qui raclait des airs plus ou moins bizarres. Quelle ne fut pas ma surprise quand je vis que j'attirais l'attention des musiciens. Tous cesmessieurs noirs me montraient les uns aux autres. Je n'aurais
LES THEATRES DE NEW-YORK oO
jamais cru que j'étais connu de tant de nègres et cela ne laissait pas que de me flatter un peu. Le.spectacleétait assez drôle, ce qui fit que je restai. Quel fut mon étonnement lorsque, après l'entr'acte je rentrai dans la salle, de voir la même comédie se renouveler à mon égards c'est-à-dire les musiciens me désigner les uns aux autres. Cette fois ils étaient blancs, tous blancs comme les fariniers dans la Boulangère. J'étais de plus en plus flatté, mais voyez ce que c'est que la gloire. .T'appris que c'étaient les mêmes musiciens et que depuis le directeur jusqu'au dernier machiniste c'étaient de faux nègres, qui se barbouillaient et se débarbouillaient la ligure trois ou quatre fois par soir, selon les nécessités de la pièce.
L'étranger qui parcourt les États-Unis a mille occasions d'admirer. En Amérique plus que partout ailleurs, l'intelligence et le travail humain ont produit des merveilles. 11 serait superflu de faire l'éloge de l'industrie si puissamment organisée, si bien servie par des machines dont la perfection et la force étonnent l'imagination. Il serait oiseux de rappeler les prodiges accomplis sur cette terre, qui, il y a à peine cent ans, était encore vierge, le réseau formidable de chemins de fer et de télégraphes qui
se développe chaque jour et entin les progrès de
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toute nature qui y rendent la vie matérielle si facile.
Mais une réflexion attristante vient troubler le voyageur dans son admiration. Le spectacle de la situation actuelle de l'Amérique dénote un manque d'équilibre dans l'emploi des forces humaines. La grande poussée qui a fait des Etats-Unis une nation si considérable a été dirigée d'un seul côté. Elle a triomphé de la matière ; mais elle a néglige de s'occuper de tout ce qui pouvait charmer l'esprit.
L'Amérique est aujourd'hui comme un géant de cent coudées, qui aurait atteint la perfection physique, mais auquel il manquerait une chose : l'âme.
Cette âme des peuples, c'est l'art, expression de la pensée dans ce qu'elle a de plus élevé.
En lisant le chapitre consacré aux théâtres, on a déjà pu voir combien l'art dramatique était négligé aux États-Unis, et dans quelles condi-
lions déplorables il se trouvait. Pour avoir de bons artistes, des troupes d'ensemble et des auteurs, il faut des institutions stables, un long entraînement sur place, une tradition qui se fait lentement. A New-York il n'y a ni opéra permanent, ni opéra-comique permanent, ni même un théâtre d'opérettes qui puisse être assuré de vivre deux ans. Il n'existe pas une scène pour les auteurs classiques ou modernes qui puisse offrir assez de garanties de durée pour devenir une école. Le théâtre vit, en Amérique, au jour le jour. Les directeurs et les troupes sont tous des nomades. La plupart des artistes sont des artistes de passage, empruntés au vieux monde, qui viennent faire une saison et qui partent.
Ce que je dis pour l'art dramatique s'appliquo aussi bien aux autres arts. Ni la musique, ni la peinture, ni la sculpture ne se trouvent on Amérique dans des conditions convciiahlcs pour
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se développer. II y a pourtant des peintres, me dira-t-on, et des sculpteurs. Je ne le nie pas. J'en pourrais citer quelques-uns qui ont beaucoup de talent: Bierstadt, Stunt, Bail, Carlisli, Mismie, Ream et bien d'autres. Quelle est la lande où l'on ne trouve pas une fleur? Je vois bien quelques fleurs, mais je ne vois pas de jardin . En d'autres termes, je vois bien quelques peintres; mais je ne vois pas d'école en Amérique.
11 importe à la gloire des États-Unis de remédier à une lacune aussi considérable. Tl faul qu'un peuple si grand ait toutes les grandeurs, qu'il ajoute à sa force industrielle l'éclat et la gloire que les arts sont seuls capables de donner à une nation.
Quels sont les moyens propres à développer les beaux -arts en Amérique?
Si j'avais à l'épondre à cette question, je dirais aux Américains :
— Vous avez chez vous tous les éléments nécessaires. Les hommes intelligents et bien doués, les tempéraments artistiques ne vous manquent pas. La preuve en est dans les travaux de ces quelques Américains dont je citais les noms tout à l'heure, qui, sans culture, dans un milieu défavorable, sont arrivés à produire des œuvres. Vous avez l'argent, vous avez des amateurs distingués, des collectionneurs dont les galeries sont justement célèbres. Utilisez tous ces éléments et vous réussirez.
L'État — c'est un principe admis chez vous — ne devant pas intervenir dans celte réforme par des subventions, c'est à vous de vous organiser. En Europe l'État ne subventionne que quelques grandes scènes de capitales. Ce sont les municipalités qui subventionnent dans les plus petites villes les entreprises théâtrales, les musées. Les conseils municipaux font beaucoup pour les
arts dans notre pays. îls s'occupent non-senle-
ments de théâtres et des musées; mais ils entretiennent souvent dans les conservatoires et les académies des jeunes gens qui montrent des dispositions artistiques. Imitez cet exemple, et si les conseils municipaux ne veulent pas vous aider, créez de grandes sociétés protectrices des arts, et des sociétés correspondantes dans tous les grands centres. Réunissez des capitaux. Gela vous sera facile, et que l'initiative privée joue chez vous le rôle protecteur que les gouvernements jouent en Europe.
Pour relever l'art dramatique, subventionnez des théâtres : ayez des directeurs stables, assurés contre la faillite ; il vous faut deux scènes de musique et une scène pour les œuvres littéraires. Il vous faut surtout un conservatoire où vous formerez des élèves excellents si vous composez le corps enseignant comme il convient, c'est-àdire en appelant et en retenant chez vous les artistes de mérite d'Europe. Le jour où vous
aurez dçs théâtres permanents et un conservatoire organisé comme je viens de le dire, vous aurez beaucoup fait pour l'art dramatique, pour les compositeurs et les auteurs américains, mais vous ne récolterez pas immédiatement le fruit de vos efïorts. 11 faudra peutêtre dix ans, vingt ans pour que les établissements que vous fonderez produisent les excellents résultats que l'on est en droit d'en attendre. Qu'est-ce que vingt ans ? vingt ans pour faire que vos élèves deviennent des maîtres, vingt ans pour que vous ne soyez plus les tributaires de l'art européen, dix ans pour que les théâtres de l'ancien monde viennent vous demander vos artistes comme aujourd'hui vous lui demandez les siens ?
Ce que j'ai dit pour les théâtres, je puis le répéter pour les autres branches de l'art. Créez des musées publics; c'est en visitant les musées que les hommes vraiment doués pour l'art dé-
couvrent souvent en eux-mêmes la faculté créatrice que Dieu leur a donnée ou même ces facultés d'assimilations qui souvent louchent de près le génie. C'est par la contemplation des chefs-d'œuvre que le goût se forme et s'épure.
Créez des académies de peinture et de sculp- à ture, et choi^ssez vos professeurs parmi les meilleurs de nos académies. Les maîtres modernes ne consentiraient pas à se fixer hors de leur pays; mais il n'est pas nécessaire d'avoir les plus grands peintres ni les plus grands sculpteurs. D'autres qu'eux possèdent les qualités nécessaires pour l'enseignement. C'est à ceux-là qu'il faut s'adresser. N'épargnez pas l'argent. C'est à cette seule condition que vous formerez une école américaine, qui pourra figurer dans les annales de l'art, avec les écoles italienne, hollandaise, espagnole et française.
îl a suffi de cent ans pour que l'Amérique arrivAt à l'apogée de la grandeur industrielle.
Le jour où ce peuple qui a donné des preuves si admirables de volonté, d'activité et de persévérance voudra conquérir un rang parmi les nations artistiques, il ne lui faudra pas lontrlemps pour réaliser ce nouveau rêve.