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L'Amérique est bien le pays des libertés. On n'y peut creuser un trou sansdéranger toale la hiérarchie gouvernementale; mais en revanche, on y circule librement, on s'y marie librement, on y mange librement. Par exemple, il y a une restriction bien triste à constater au milieu de cette abondance de libertés, c'est qu'on n'y boit pas tous les jours librement.
Un dimanche, après avoir conduit mon orchestre avec chaleur, par une température sénégalienne, je me précipite dans un bar. —
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en français, une buvette. Je demande un verre de bière.
Le maître de l'établissement me regarde d'un air triste :
— Impossible, monsieur, je n'ai plus de garçons.
— Gomment? vous! Qu'avez-vous donc fait de votre nombreux personnel ?
— Tous mes garçons sont en prison pour avoir voulu servir des clients malgré la défense formelle.
— Il est défendu de boire le dimanche?
— Expressément défendu.
— Je vais bien voir cela.
.le cours à l'hôtel Brunswick et je commande bravement :
— Un sherry-cobler.
— Je regrette, monsieur, d'être obligé de vous refuser ; mais le bar est fermé, et pour cause. Tous mes garçons sont arrêtés.
— Mais, je meurs de soif.
— La seule chose qu'il nous soit permis de servir, c'est un soda.
Et c'était partout comme cela dans la ville de New-York. Ce dimanche-là, on a coffré trois cents garçons qui avaient osé porter des rafraîchissements aux clients. Bienheureux encore qu'on n'ait pas arrêté du même coup les clients qui avaient assez demandé à boire I
Quelle singulière liberté!
En Amérique, on n'a pas non plus le droit de se pendre.
Un ivrogne se pend. C'est un maladroit. Il se pend mal puisqu'au bout de quelques heures on le fait revenir à la vie. Dès qu'il a reprisses sens, on le traîne chez le juge qui le condamne à six mois de prison. Ordinairement, c'est trois mois. On a doublé la dose en faveur de celui-là parce qu'il y avait récidive ; à la troisième fois, on le condamnerait à mort.
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Pour s'ôlcr la vie, il lauL une autorisation préalable du gouverneui-.
Les Nègres ont été émancipés. La belle et pompeuse réforme! Les bons iioirs sont libres, arcbilibres. Vous allez voir comment.
Les cars et autres voitures publiques leur sont interdits. Dans les théâtres, ils ne sont admis sous aucun prétexte. Et ils ne sont reçus dans les restaurants qu'à la condition de servir. Ainsi vous voyez :
Liberté, Éy alité, Fraternité.
V^ous croyez peut-être que les nègres sont seuls à n'avoir pas toutes les lil)ertés désirables : erreur.
L'hôtelier du Cataracl-Hôtel à Niagara a lait insérer dans les principaux joui'naux une note ainsi conçue :
« Étant dans un pays ijarfaitenienl libre, ayant » le droit de faire chez moi ce qui me plaît, je » décrète :