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jours et quatre nuits nous fûmes horriblement ballottés. Le roulis et le tangage étaient épouvantables. À l’intérieur du bateau tout ce qui n’était pas solidement attaché se brisait; on ne pouvait se tenir debout ni assis.
» Le lundi, je ne voulus plus rester dans ma cabine. On me fit un lit dans le salon. Le commandant et tout le personnel furent admirables de bonté pour moi et me tinrent compagnie une partie de la nuit cherchant par tous les moyens possibles à me rassurer.
— C'est superbe, me disait le commandant, le navire s'enfonce dans les vagues pour ressortir superbe au bout d'une minute. Vous devriez monter voir ça!
— Mon cher capitaine, lui répondis-je, comme spectateur, voir une tempête de loin ça doit être épouvantablement intéressant; mais j'avoue que comme acteur jouant un rôle dans la pièce, je
trouve que c'est d’une gaieté plus que modérée.
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» Un trait caractéristique d’une jeune Américaine qui était à bord avec sa sœur : au plus fort de la tempête, au moment où plus d’un faisait tout bas sa prière et recommandait son âme à Dieu (je n'étais pas le dernier, je vous assure), la peti‘e Américaine dit à sa sœur : — « Ma sœur, vous devriez bien tâcher de descendre et me chercher mon joli petit chapeau : je voudrais mourir dans tout mon éclat! —Nous faudra-t-il aussi vous monter vos gants ? reprit tranquillement la plus jeune...»
» Avant d'entrerdans le port,le Canada accoste les deux petite: îles, dites de la quarantaine, où l’on fait la police sanitairzetles visites dedouane.
» Quand un navire a des malades à bord.on les
débarque dans la première de ces îles, et quand
% leur convalescence commence, on les transporte
dans l'autre.
» Autrefois ces deuxilesn'existaientpas.C'était
à Long-Island que les steamers attendaient les
douaniers et les médecins ; les douaniers étaient
Er » Les Ë absolument indifférents aux habitants de cette pi d contentè localité, mais les médecins les ennuyaient propu | ÿ P et brûlè pis fondément à cause des maiades. Ils trouvaient b | RE ments q! à désagréable cette importation incessante de pesti. L'ai j Ë »
H férés qu’on leur envoyait des quatre parties du ts fi reste Ji pi) monde. Ils finirent par déclarer que dorénavant ue EU rique .
KL ils ne voulaient plus que Long-Island servit , Re * que pui d'hôpital et que, dussent-ils tirer sur les sous auc bâtiments,ils ne les laisseraient plus débarquer construl leurs malades chez eux. d'habita — Mais où voulez-vous que nous les mettions? Let
leur demanda le gouverneur de l'Etat de New- York.
— Mettez-les dans l’île d'en face, il v a assez
comme
BD
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longtemps que nous en avons la charge : c'est
au tour de Staten-Island maintenant.
de moi.
» Le gouverneur trouva assez ju: a- 7.
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» Les habitants de Staten-Island ne se contentèrent pas de menacer: ils se révoltèrent et brûlèrent tout simplement les premiers bâtiments aui abordèrent avec ou sans pestiférés.
» L'autorité fut embarrassée. Mais on ne reste jamais longtemps embarrassé en Amédécida
que puisque les deux îles habitées ne voulaient
rique. Le conseil 5e réunit et sous aucun prétexte recevoir les malades, on en construirait deux autres où il n’y aurait pas d'habitants. Au bout de très-peu de temps, les deux îles que nous voyons sortirent de la mer comme par enchantement.
» Toute l'Amérique est dans ce tour de force.
» On nous attendait la veille, une promenade en mer avait été organisée pour venir au-devant de moi. Les bateaux pavoisés ornés de lanternes vénitiennes, portant des journalistes,des curieux, une bande militaire de soixante à quatre-vingts
musiciens, m'attendait à Sandy-Hoock. Mais
= mOn
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comme nous n'arrivions pas, le bateau s'avançait da’antage, espérant nous rencontrer:
on était joyeux à bord, on chantait, on riait, la musique jouait nos plus jolis airs ; mais à mesure qu'on avançait, le mal de mer avançait aussi, les musiciens n'étaient pas les derniers à en ressentir les effets, ce qui fit, comme dans la symphonie comique d'Haydn où les musiciens disparaissent les uns après les autres, en éteignant les lumières. Les nôtres n'avaient rien à éleindre,mais au lieu de rendre des sons, les uns
après les autres rendaient... l'âme dans la
mer...
» Nous fûmes bientôt accostés par un autre bateau qui amenait les principaux reporters des journaux de New-York. Vous comprenez que j'ai fait tout au monde pour ne pas être bête tout à fait. Deux heures après nous sommes arrivés à New-York ; nous étions déjà très-bons amis.
» Le soir, en revenant du théâtre — dès le
premier jo foule asser électrique jour. Au-( en grosse orchestre donnait Grande-Di plaudisse été forcé Gambetta you ST, d'être sub » Samé mon honi d'ici; des négociant!
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LA TRAVERSÉE 23 premier jour j'ai visité deux théâtres, —je vois la foule assemblée devant mon hôtel. De la lumière électrique partout, on se serait cru en plein jour. Au-dessus du balcon de l'hôtel était écrit en grosses lettres : Welcome Offenbach. Un orchestre d’une soixantaine de musiciens me donnait une sérénade. On jouait Orphée, la Grande-Duchesse. Je n'ose pas vous dire les applaudissements, les cris de vive Offenbach! J'ai été forcé de paraître au balcon, tout comme Gambetta, et là j'ai crié un formidable Thank you sir, formule polie et qu'on n'accusera pas d’être subversive.
» Samedi j'ai été invité à un dîner donné en mon honneur par Lotos Club, un des premiers d'ici; des hommes de lettres, des artistes, des négociants, des banquiers, beaucoup de journalistes de toutes nuances. Je vous envoie le menu du diner.
—Je savais,ai-je répondu aux Loasts,que depuis
24 OFFENBACIL EN AMÉRIQUE longtemps j'étais sympathique aux Américains ji comme compositeur, et j'espérais que, lorsque k j'aurais l'honneur de leur être plus connu, je h | leur serais aussi sympathique one homme.
Rise Je porte, ai-je ajouté, un toast aux États-Unis, h. mais non pas aux États-Unis, tout sec. Les arts ï et les peuples étant frères : Je porte un toast
je | aux États... Unis à l'Europe. » : Me voici Ce speech que l'émotion seule pourrait faire . L'hôtel € pardonner a été applaudi à outrance. À descendu m
» Hier lundi, j'ai été invité au club de la D cription. O:
presse, rien que des journalistes, des hommes Pi genre d’éta { On trouve :
cuarnants, spirituels tous — la plupart parlant
très-bien le français — beaucoup d’entreeux ont PA binet de toi
fait un séjour plus ou moins long en France, PA rieux que I
» Beaucoup de speeches à mon adresse; j'ai Pi Samment.
Le re;
répondu le mieux que j'ai pu. »
| immense bi
D les corps d
coiffeur de
éricains
, lorsque connu, je .
e homme. fs NEW-YORK tats-Unis, LE JARDIN GILMORE
. Les arts e un Loast
À Me voici à New-York.
rait faire Bt L'hôtel de la cinquième avenue où je suis
à descendu mériterait bien quelques mots de des-
club de la Bt cription. On n’a aucune idée en Europe de ce
Fe
s hommes bi genre d'établissement.L'on à tout sous la main.
art parlant D On trouve attenant à chaque chambre un ca-
tre eux ont D Linet de toilette, un bain, et un endroit mysté- .
France, D rieux que les initiales W. C. désigneront sufli-
| samment.