‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 31 sur 69 · RES · texte numérisé non relu

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Américain, elle est vite mise en pratique. Je citerai pour exemple le développement si rapide des cars qui ont détrôné les omnibus en un rien de temps. Maintenant les cars sont tout à fait à la mode. Il y a des tramways partout. La largeur des rues ne permettant plus d'installer de nouveaux rails sur le sol, un inventeur a imaginé de construire des chemins de fer aériens. Belle idée qu’il s’est empressé de réaliser.

Voici ce qu'on raconte à ce propos.

Une dame, qui venait d'acheter un charmant petit hôtel dans Broad ways, part pour la campagne et revient au bout de cinq ou six mois s'installer définitivement dans sa nouvelle demeure. Elle arrive pendant la nuit, dort d'un profond sommeil. Le lendemain matin des roulements de tonnerres, des sifflements effroyables

la réveillent, elle court à sa fenêtre,

Belle sans ornement, dans le simple appareil

D'une beauté qu'on vient d'arracher au sommeil.

Et que voit elle? un train qui passe à toute

tem vitesse devant elle. Des têtes de voyageurs cu- L rieux à toutes les portières. bé La dame s’évanouit. ' En revenant à elle, sa première idée, avant don même de fermer la fenêtre, fut d'envoyer cher- de cher son avocat et d'intenter un gros procès à la | U nouvelle compagnie. La maison qu'elle avait du : achetée deux cent mille dollars ne valait plus Hui que le quart de cette somme; mais elle avait la : del liberté de la revendre. été

Il y a un jour où l’on jouit en Amérique

d'une liberté illimitée, c'est le # juillet, l’anni- 7

versaire de l'indépendance.

Tout est permis ce jour-là, et, Dieu sait com- ; sen

ment on profite de cette latitude. J'ai conservé feu

un numéro du Courrier des États-Unis qui donne ila des détails curieux sur cette mémorable jour- hot

née. Laissant de côté un grand nombre d'acci- tan

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tement au chapitre des accidents sérieux.

L'article intitulé : le Revers de la médaille commence ainsi :

« Les premiers rapports ne nous avaient donné qu’un aperçu très-inco:aplet des malheurs ou accidents arrivés à New-York.

Une jeune fille de dix-neuf ans, Mary Henley, du n° 261, Seizième rue, se promenait dans la Huitième avenue avec deux de ses amies. Près de la Vingt-deuxième rue, des fire crackers ont été lancés, comme le veut la coutume, sur les promeneuses. Elles n'y ont pas prêté attention, et ce n’est qu'après avoir marché encore la distance d’un « brock » environ que Mary Henley à senti qu’elle brûlait; ses vêtements étæient en feu. Affolée de douleur, elle s’est mise à courir, flambant des pieds à la tête. [l a fallu plusieurs hommes pour maintenir la pauvre jeune lille, tant ses horribles douleurs la faisaient se débat-

tre avec énergie. Les flammes ont été étouffées,

mais il était trop tard; le corps de Mary Henley n’était plus qu'une plaie vive.

Pendant l’exhibition pyrotechnique au parc du City Hall, une bombe a fait explosion au milieu d’un groupe de spectateurs, dont cinq ont été blessés, trois dangereusement.

Nous avons enfin sous les yeux une liste de quarante-neuf personnes — enfants pour la plupart — qui ont été blessés le jour ou le soir du 4 juillet. Les uns ont perdu un œil, les autres une main, ceux-ci ont eu une côte enfoncée, ceux-là ont eu le visage ou d’autres portions du corps brûlés. Quelques-uns se sont blessés euxmêmes en maniant des armes à feu, ou en faisant partir des pétards, ou en tombant de toits ou de fenêtres ; mais les neuf-dixièmes au moins doivent leurs blessures à des coups de pistolet tirés « par quelqu'un qui est resté inconnu ». La charité commande de croire que la plupart

de ces inconnus ont simplement été maladroits.

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Ces faits désastreux ne sont pas particuliers à la ville de New-York. Toutes les grandes villes des États ont vu se produire des faits semblables.

À Washington où « la fête du centenaire a été célébrée avec très-peu d'éclat » — qu'’estce que cela aurait été si la fête avait été plus britlante? — l'élément « rowdy » a fait grand lapage et, avant la nuit, quatre assassinats étaientcommis. tovs étaient lerésultatde l'ivresse. Beaucoup de personnes ont visité la tombe de Washington, à Mount Vernon; malheurcusement, ce lieu sacré n’a pas êlé exempt de désordres et d'effusion de sang. Plusieurs ivrognes se sont battus à coups de couteäu. Personne n’a été arrêlé. »

Au tour de Philadelphie maintenant :

« — La journée du 4 juillet a été funeste pour Philadelphie. Indépendamment de l’incen-

die dont nous parlons ailleurs, et dans lequel

quatre personnes ont trouvé la mort, cette ville a eu une conflagration ruineuse causée par l’imprudence avec laquelle il est de tradition de manier les armes à feu. Des jeunes gens tiraient des coups de canon près du chantier de bois de construction de Collins et compagnie, au pied de Laurel street. L'éloupe servant de bourre à (té lancée sur des bardeaux et y a mis le feu. Tel a été le commencement d'un incendie qui à causé pour 250,000 dollars de dégâts et fait une masse de ruines du quartier compris entre le côté est de l'avenue Delaware et le bord de l’eau, et entre Laurel et Shackamaxon

sireels.

Nous avons calculé que le prix total de chaque

coup de canon était d'environ un quart de mil-

lion de dollars, retombant pour la plus grande

part sur diverses compagnies d'assurances. »

On peut juger d'après ces quelques extraits

du nombre considérable d'accidents, d’incen-

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dies, de morts, qui se produisent le 4 juillet sur toute l'étendue des États.

Quant à moi, J'avoue que ces excès me font grandement apprécier nos détestables gouvernements qui prohibent carrément les libertés qui mettent la vie des citoyens en danger; et qui nous feront protéger par nos braves gendarmes. J'ai vu ce qu'était la liberté illimitée.

Je préfère nos sergents de ville.

Voici la note comique après le drame, bien que ce dernier incident soit raconté très-sérieusement par un journal américain.

Pour donner une idée des résultats que l’on peut obtenir avec le système de la liberté tel qu'on le pratique en Amérique, je copie textuellement un fait-divers que je viens de lire

dans la Presse libre de Detroit.

« La fête de l'Indépendance a été célébrée avec beaucoup d'éclat à Detroit. Tous les citoyens ont payé de leur personne en cette occasion. Pour ne citer qu’un exemple, voici ce qui est arrivé à la famille Hamerlin, l’une des mieu x posées de l'État.

À six heures du matin, le chef de cette famille, voulant fixer un drapeau à la fenêtre du deuxième étage de sa maison est tombé dans la rue. Une chute malheureuse ! Il a cassé trois pots de fleurs et une de ses côtes. Cela a été le commencement d'une série de désordres indescriptibles. En effet, pendant que les voisins entonnaient dans le gosier du blessé de la limonade et du cognac, et que les médecins se disputaient le malade tombé du ciel, le tout avec des hurrahs en faveur de l'indépendance, madame Hamerlin compliqua la situation en dégringolant dans l'escalier de service. La pauvre femme

voulait empêcher son fils Johnny de faire éclater

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des pétards dans le four. Elle ne s’est rien cassé, heureusement, mais après sa chute le souffle lui a manqué pour crier: « Vive l’'Indépendance ».

Le père et la mère étant hors de service, les petits Hamerlin ont profité de la circonstance. John, furieux de ne pouvoir tirer son feu d’artifice dans le four, aimaginé de se fourrer des pétards partout: deux dans les mains et un dans la bouche. Une étincelle et voilà les trois pétards qui prennent feu à la fois. Embrasement général. Le pauvre John à le palais brûlé. Il devra rester bouche close pendant longtemps.

Le fils cadet s'amuse à enflammer des trainées de poudre. Il se grille les mains. Renonçant au dur métier d'artificier, il sort pour tàcher d'oublier ses souffrances... Le soir, on frappe à la porte de la maison Hamerlin.

— Qu'est-ce qu'il v a ?

— C'est votre fils que je vous ramène. Il est dans un triste état, un trou à la jambe.

On couche le fils.

Reste la fille. Celle-là n’a rien eu de bien intéressant. Un gamin qui passait près d'elle l’a seulement atteinte à l'oreille droite avec une torpille, et un monsieur étranger à la maison lui a tiré un coup de fusil si près de l'oreille gauche qu’elle en est restée sourde.

Dans un mois la famille Hamerlin sera remise à neuf. [l n'y paraîtra plus. Du reste il ne faut pas croire que les victimes de Detroit soient dans la désolation. Au contraire.

M. Hamerlin nous a dit de la meilleure foi du monde :

— Avoir fêté l'Indépendance avec éclat comme nous l'avons fait, cela vaut bien 10,000

dollars !

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este il ne porte quel nom. Tout prétexte est bon. Aussi

> Detroit les corparations abondent-elles aux États-Unis.

ontraire, ; Il faudrait un volume pour les énumérer toutes. |

leure foi | Parmi les plus importantes on cite la société de : a tempérance, la société de la loge maçonnique,

it comme É celle des old fellows. (les vieux garçons), celle

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