LES COURSES
En constatant avec plaisir le bon goût des jolies Américaines, j'ai le regret de ne pouvoir adresser les mêmes éloges à messieurs les Américains. Ils affectent tous ou presque tous une mise, je ne dirai pas simple, mais très-négligée. Ainsi, au théâtre, au concert, vous les voyez toujours portant des costumes — d’affreux complets — comme nous n'en risquons qu à la campagne ou aux eaux. Le chapeau rond est de tradition. C’est tellement vrai que même les hommes les plus distinguës ne craignent pas d'aller en soirée, ou de se rendre à un diner, avec des femmes très-élégantes à leur bras, couverts d'un chapeau mou du plus grotesque effet.
Par exemple, beaucoup d'entre eux portent, à toutes les heures du jour ou de la nuit, la cravate blanche. Dès six heures du matin, le Yankee se met au cou le fin morceau de batiste et il
ne le quitte pas; la cérémonieuse cravate blan-
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che et le costume négligé qui l'accompagne font un étrange contraste.
Une chose très-étonnante pour les étrangers.
h c’est de voir que tous les Américains ont, sous les pans de la redingote, près de la ceinture, une proëminence assez marquée. C'est à cet endroit que ces messieurs portent généralement leur revolver, ou quelquefois des papiers sans
importance.
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Les journaux ont en Amérique une impor-
tance bien plus grande qu’en Europe. Il ne faut
pas en conclure que la presse soit plus libre dans le nouveau monde que dans l’ancien. Chez nous, c'est le gouvernement qui surveille et qui contrôle les journaux ; là-bas, ce sont les sectes religieuses et les coteries politiques qui exercent leur tyrannie sur les rédacteurs. Ceux-ci — il faut le dire — subissent assez facilement celte servitude et savent même en iirer parti. Connaissant l'installation des principaux
journaux français, j'ai tenu à visiter les bureaux
des principaux journaux de New-York. Les journalistes américains sont mieux partagés que les nôtres sous le rapport de l'emplacement. Imaginez des locaux immenses, des constructions grandioses, et, dans ces palais de la presse américaine, un va-et-vient continuel, nne agita. tion de ruche laborieuse.
À New-York, comme à Paris, les journaux ont choisi pour locaux des maisons situées dans la partie la plus vivante de la ville. Pour être bien et vivement renseignée, 11 faut qu'une feuille soit à proximité du centre des affaires, dans un quartier populeux. C’est donc dans Broad wav que la grande presse américaine à élu domicile.
Les bureaux sont faciles à découvrir Si c'est pendant le jour, que vous cherchez un journal, levez la tête, voyez quelle est la maison la plus élevée, et entrez-y hardi-
ment. C'est là. Pour ne citer qu'un exemple.
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la maison du New-Fork Tribune a neuf étages.
S'il fait nuit, ouvrez les yeux: L'édifice le plus éclairé, celui qui répand sa lumière sur tout le quartier, est précisément celui que vous cherchez. Derrière les vitrages étincelants que vous voyez d'en bas, des journalistes sont à l'œuvre. On dit quelquefois en France, au figuré, qu'un journal est un phare. En Amérique, phare est le mot propre.
Quant à l'aménagement intérieur des bureaux, il ne laisse rien à désirer sous le rapport du confortable. Le télégraphe, au moven d'un de ces appareils dont j'ai déjà parlé, se trouve installé dans la maison même, animant tout de son perpôtuel trémolo. Les ateliers de composition, la clicherie et l’imprimerie sont merveilleusement outillés.
Voici maintenant quelques détails sur les principaux journaux de New-York.
Commençons par le Ner-Fork Herald.
Le eq
Se Ci
Ce journal a été fondé, il y a une trentaine d'années, par M. James Gordon Bennett.
Son tirage approximatif est en ce moment de 70,000 exemplaires. Chacun de ses numéros se compose, suivant les circonstances, de huit, seize ou même vingt-quatre pages.
Son format estenviron d’un quart plus grand que celui des journaux parisiens. Comme on fait beau: coup usage en Amérique des petits caractères, on voit ce qu'il peut tenir de nouvelles, d'articles et de réclames dans un fortnuméro du New-York Herald. Pour ne parler que des annonces, on compte en moyenne dans ce Journal vingt-huit colonnes consacrées chaque jour à la publicité, et cela pendant la morte saison. Quand les affaires vont bien, le chiffre des colonnes d’annonces s'élève à soixante. Le prix pour une insertion varie entre vingt-cinq sous et un dollar par ligne.
La publicité, les informations et le tirage du
Mew- Étatssonne ploita Soixa les pr ion nuels.
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