LE CHEF D'ORCHESTRE THOMAS
Thomas, prononcez : Thomasse.
Simple violon — et, à ce qu’on dit, violon médiocre à l'orchestre de l'opéra de New-York, Thomas s'est aperçu que sa position ne lui rapportait pas assez. Il a quitté l'archet et pris le bâton de chef d'orchestre. Pour se distinguer des autres batteurs de mesure, il a eu le bon esprit de se créer une spécialité en se faisant le propagateur des œuvres de Wagner — ce qui lui a valu une réputation artistique des mieux établies.
C'est un homme jeune encore. On doit lui rendre cette justice qu'il est parvenu à former un excellent orchestre. Il à pris pour cela le bon moyen. Coûte que coûte, il s’est attaché les meilleurs musiciens de l'Amérique, et 11 conti-
nue à les payer fort cher. Où qu'il aille, et quoi
d fc
et pris le inguer des bon esprit nt le proe qui lui a
mieux 6la-
)n doit lui a à former ur cela le attaché les et 1l conti-
Ile, et quoi
qu'il veuille entreprendre, il peut toujours
compter sur le concours de douze exécutants de premier ordre qui ne le quittent pas d’une semelle. Aussi son orchestre se fait-il remarquer, entre tous, par des qualités d'ensemble vraiment merveilleuses.
Comme chef d'orchestre dirigeant, Thomas ne m'a pas paru à la hauteur de la réputation qu’on lui a faite. Il conduit mollement. Je l'ai vu, à la tête de ses musiciens interpréter de la musique soi-disant lègère de Rossini, d’Auber, de Verdi, d'Hérold, sans feu et sans entrain.
Lorsque par hasard il veut mettre un peu d'énergie, il conduit avec les deux bras à la fois, ce qui, par derrière, le fait ressembler à un gros oiseau qui veut prendre son vol.
Signe particulier — affectionne d’une manière toute spéciale la musique du directeur du conservaloire de Paris, notre excellent ami
Ambroise Thomas. Il est rare qu'il ne mette pas
re LÉ
Are CR LE age in PR
sur ses programmes un morceau de l'auteur de Mignon. Les trois quarts du temps, le public croit que c'est au chef d'orchestre Thomas que revient l'honneur de l'œuvre.
En somme, si Thomas n’est pas un chef d'orchestre de premier ordre, il n’en a pas moins un mérite très-réel. On doit lui savoir gré d’avoir si bien composé son orchestre ct d’avoir beaucoup aidé à propager la musique classique en
Amérique.
MA\ARETCECK
Un Hongrois de Vienne, né en Italie, et résidant depuis longtemps à New-York. Cinquante ans environ — une figure intelligente, ouverte. spirituelle. — Personnalité très-sympathique aux Américains.
Tantôt directeur. tantôt chef d'orchestre, il à
formé presque toutes les troupes qui jouent
l'opèr
affairé quelq à pei très-a tent à repre
Je
mer ( qu'il
En d'Of être bâto
auteur de le public omas que
hef d'or.
moins un é d’avoir oir beau-
ssique en
, el rési- Inquante ouverte.
pathique
tre, 1l à
Jouent
l'opéra italien aux États-Unis. Lorsque les
affaires directoriales vont mal, ce qui arrive
quelquefois. il redevient chef d'orchestre. Mais
à peine est-il chef d'orchestre que, comme il est
très-aimé, les fonds reviennent à lui et le met-
tent à même de former une autre troupe et de
reprendre une autre direction.
Je ne saurais dire si c’est un bon directeur,
ne l'ayant pas vu à l'œuvre, mais je puis allir-
mer que c’est un excellent chef d'orchestre, et
qu'il compose en outre de la charmante musique.
En ce moment Maretceck dirige les concerts
d'Offenbach Garden à Philadelphie. Vous pouvez
être sûr qu'avant trois mois il aura déposé son
bâton pour reprendre une direction quelconque.