AU NIAGARA
cains, qu'en disant qu'ils sont en réalité: un berceau à roulettes.
Par exemple, je n'aime pas beaucoup cette cloche permanente qui vous suit pendant tout le trajet avec son glas funèbre, mais c’est peutêtre une habitude à prendre.
Du reste il ne faut pas avoir l'oreille trèsdélicate quand on voyage en Amérique. On est continuellement persécuté par des sons fâcheux.
Ainsi, à Ütica, où nous nous arrélons quelques minutes pour le lunch, je vois — et j'entends, hélas ! — un grand Nègre qui frappait sur un tam-tam. Évidemment il devait jouer des airs à lui, car il frappait tantôt fort, tantôt avec une vitesse étonnante, tantôt avec une lenteur mesurée. Il mettait dans son jeu, je ne dirai pas des nuances, mais des intentions.
J'oubliai de luncher pour examiner ce musicien qui m'intriguait beaucoup. Pendant son der-
nier morceau, car pour lui ce devait être un
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1 N2 OFFENBACH EN AMERIQUE morceau, Je fus tout yeux et tout oreilles, [| commença par un fortissimo à vous rendre sourd, car il était vigoureux, ce Nègre, et il n'y allait pas de main morte. Après ce brillant dé. but, sa musique continua un decrescendo, arriva au piano, PUIS au pianissimo, PUIS... au silence.
Au même instant le train s’ébranlait, j’eus à peine le temps de mettre un pied sur là marche que déjà il filait à toute vapeur.
Nous arrivons à Albany, où l'on s'arrèle pour diner. Devant le restaurant d’Albany, je trouve un autre grand diable de Nègre, à peu près pareil à l’autre et qui jouait également du lam-tum.
— On en met donc partout, ensal-je. Voilà un pays où l'on aime furieusement le tam-tam.
Ventre affamé n’a pas d'oreilles, dit un de nos proverbes. Je suis désolé de m'inscrire en
faux contre un dicton recueilli par la sagesse des