‹ Offenbach en Amérique [microforme]Chapitre 69 sur 69 · NS · texte numérisé non relu

NS

LEA ui LES

74 \ < ee <

\ & BE Ses | LE | & © | Ne | Va AMEN A Dù À À reg VS & pe PART

Le 8 juillet, je m'embarquai à bord du Canada qui, à ma grande satisfaction, se trouvait repartir pour la France au même moment que moi. — Plusieurs Américains tinrent à me faire une conduite jusque dans ma cabine.

Vous dirai-je, lecteur français, avec quelle joie on foule le plancher du bateau avec lequel on a quitté la France, surtout lorsque ces mêmes planches vont vous rapatrier et vous rendre à tous ceux qui vous sont plus chers queles succèsles plus éblouissants et les dollars les plus nombreux ? Ah! il aurait fallu me donner une bien grosse

somme pour m'arracher à ce bateau!

Parmi les passagers qui rentraient en France avec moi se trouvaient M. de la Forest, consul de France à New-York, qui s’absentait de son poste pendant quelques mois pour des raisons de santé — un charmant compagnon de voyage, M. Baknutoff, sécrétaire de la légation

russe à Washington, un jeune homme des

plus distingués qui ne laissait jamais languir la

conversation à la table du capitaine, et auquel j'ai gagné de nombreuses parties de bezigue pour charmer les loisirs de la traversée.

Nous avions en outre deux docteurs comme passagers, le docteur Bastien etle docteur Roussel qui furent tous les deux indisposés pendant la traversée, ce que Jje regrettai doublement car ils étaient tous les deux, quoique républicains, de vrais voyageurs, c'est-à-dire des gens ayant beaucoup vu, beaucoup lu et sachant vivre.

J'avais aussi avec moi mon excellent ami

M. Bertie-Marriott, correspondant du Figaro,

avec qi des dif enseml blemer que je aussi € tombe nirs, À polygli gocian a cu | comme penda!

fique,

petits ment confié

heurte

en France st, consul entait de r des raiagnon de a légation mme des anguir la et auquel e bezigue ée.

rs comme ur Roussel endant la ent car ils icains, de yant beaue.

lent ami

u Figaro,

avec qui je me plaisais à faire revivre le souvenir des différentes excursions que nous avions faites ensemble en Amérique ainsi qu’à deviser agréablement sur les mœurs de ce nouveau monde que je devais esquisser à mon retour. Je citerai aussi en leur envoyant, si par hasard ces lignes tombent sous leurs yeux, mes meilleurs souvenirs, M. Glisenkeimer, négociant américain, un polyglotte des plus gais, M. Schorestène,autre négociant aimable, et M. J. White, un mulâtre qui acu le premier prix au conservatoire de Paris comme violoniste. Nous avons été favorisés pendant toute la traversée par un temps magnifique, et le voyage n’a été marqué que par trois petits incidents. Le premier se produisit au moment même où nous démarrions. Le bateau, confié aux soins d’un pilote maladroit, alla se heurter contre le flanc de l'Amérique, autre transport français qui devait partir le sa-

medi suivant. Nous fimes une profonde en-

RE

4 4 f [3 ut RE | Se:

AR

taille dans le bâtiment commandé par le capitaine Pouzolzs et nous perdimes un de nos bateaux de sauvetage. Ce bruit sinistre causé par cette collision me laissa une vive impression et un moment je crus que toute la nature s’effondrait sur ma tête. Heureusement nous en fûmes tous quittes pour la peur.

Le second épisode fut plutôt comique que terrible. Un soir, au moment où nous étions tous réunis dans le salon à prendre le thé et à causer, nous fûmes très-surpris de voir entrer un passager portugais brésilien, vêtu ou plutôt déshabillé comme un boulanger dans l'exercice de ses fonctions. De plus ce malheureux était gris. Nous n'avions heureusement que deux ou trois dames à bord, et avant que le Brésilien püt se livrer à des excès déplorables, nous pûmes lefaire reconduire par le sous-commissaire. Il parait qu’il avait ingurgité ce soir tout un panier de

rhum, mais cela ne devait pas être du J. T.

car Jama serendre

Le tro cule que épreuves aujourd” sance en de compl tesses in]

Ilétait parunn face était riants co dans le |

Ma fai

mouchoi Autan

Joie fut g

ar le capiin de nos istre causé vive ime toute la ureusement Deur.

mique que étions tous et à causer, rer un pasutôt déshaexercice de x était gris.

ux ou {rois lien püt se mes lefaire . [l parait | panier de e du J. T.

car jamais je n'ai vu celte excellente marque

srendre coupable d'un pareil abus de confiance.

Le troisième épisode est si triste et si ridi-

cule que Je le supprime en corrigeant mes

épreuves; peut-être le raconterai-je plus tard ;

aujourd'hui je croirais manquer de reconnais-

sance envers le lecteur qui m'a suivi avec tant

de complaisance, en le faisant assister aux tris-

tesses inhérentes à la vie commune en mer.

[était huit heures et demie lorsque le Canada,

par un magnifique soleil et une mer dont la sur-

face était unie comme un miroir,nous montra les

riants coteaux de la Normandie et fit son entrée

dans le port du Havre.

Ma famille au grand complet et plusieurs

amis m'attendaient depuis desheures sur la jetée,

et tous mesenfants agitaient fitvreusement leurs

mouchoirs en m'apercevant sur le pont.

Autant j'avais été triste en partant, autant ma

joie fut grande de revoir cette famille chérieet ces

visages amis. Je sanglotais d'émotion; pour un peu je me serais jeté à la nage, afin de mettre fin à ce supplice de Tantale qui me montrait tout ce que je désirais au monde sans que je pusse l'6treindre dans mes bras.

Une heure après, nous étions amarrés et je

redevins Offenbach en France.

Page 1