‹ Oiseaux de l'île de la Trinidad,Chapitre 101 sur 292 · FORMICARIUS HOFFMANNI— Caiaww · texte numérisé non relu

FORMICARIUS HOFFMANNI— Caiaww

WLG. COQ-BOIS.

Longueur totale 207 mil.

— du pli de Taîle 89

— du tarse 30

— du doigt médian 18

— de la queue. . . ; 64

— du bec 2i

Parties supérieures d'un brun olive ; il est très-foncé sur la tête et laisse percer une nuance roussâtre en allant vers le croupion.

Lorum noir, une très-petite tache blanche dans son milieu ; le même noir entoure l'œil et va couvrir une partie de la joue, toute la gorge et tout le devant du cou; derrière l'œil, du roux assez vif forme une plaque irrégulière qui sépare ce noir du brun olive de la nuque.

Poitrine et flancs d'un gris de plomb très-foncé; la mémo couleur devient insensiblement plus claire pour couvrir l'abdomen et le ventre dont les dernières plumes sont blanchâtres.

Rémiges présentant du brun olive à la barbe externe et du brun franc à l'interne ; du roux assez vif couvre la moitié antérieure de cette barbe interne et forme sur l'aîle une large bande qui n'est apparente qu'en dessous. Couvertures supérieures continuant le brun olive du dos ; des inférieures, les petites sont noires jusque près du pli de l'aîle oii elles sont d'un roux assez vif; les moyennes, d'abord d'un blanc roussâtre, sont ensuite tout-à-faît rousses à partir du pli de l'aîle ; les grandes sont noii'âtres.

Rectrices noirâtres avec un peu de brun olive vers la base. Couvertures supérieures d'un roux rembruni; inférieures d'un roux vif.

Pattes brunes. Bec et iiis noirs.

Je ne connais ni la femelle ni le jeune âge.

Le coq-bois est commun ici. Il se tient toujours à terre, soit au milieu de nos cacaoyères, soit au milieu de nos forêts. H ne se nourrit que d'insectes; mais il ne touche point aux fourmis comme l'indique le nom générique qu'il porte et que lui a donné Bujffon d'après des renseignements inexacts. Certainement on le voit fort souvent auprès des fourmis; mais ce n'est point pour en faire sa proie ; on peut même trouver des fourmis dans son estomac ; mais elles n'ont été victimes qu'accidentellement. En effet quand nos fourmis-dmseurs (voir les mœurs du nastca stmtrransj en troupe immense, se mettent en campagne pour chasser aux insectes, ceux-ci fuient de tous côtés et le cog-hots accourt pour en

faire son profit. Dans d'autres circonstances, ces foiii'mis charrient des œufs et des nymphes d'une fourmilière à l'autre ; le coq-bois s'empresse encore d'accourir pour rôder autour du bataillon et s'emparer tantôt d'une nymphe, tantôt d'un [œuf; mais comme la fourmi ne lâche pas facilement son précieux fardeau, elle est, fort souvent, aussi bien avalée que ce qu'elle portait. Dans ces attaques, le coq-bois a à redouter la piqûre des fourmis ; aussi guette-il une occasion favorable ; et à peine en a-t-il profité qu'il s'éloigne au plus vite pour revenir promptement à la charge. Si réellement, pour le maintien de l'harmonie des lois de la nature, le coqbois mangeait des fourmis, il choisirait non point ces fourmis-chasseurs qui se rendent utiles en détruisant une masse d'insectes, mais bien celles, si nombreuses, qui nuisent à nos arbres en les dépouillant de leurs feuilles; elles découpent ces feuilles en rondelles qu'elles transportent pour les fiiire servir à la construction de leur demeure ; le trajet à parcourir est quelquefois très-long et il se fait par un petit sentier où la fourmi a détruit et arrêté pour longtemps toute végétation ; et ce sentier, au moment du travail, est toujours couvert de fourmis ; eh bien ! pas un coq-bois n'est présent ; c'est que les fourmis tout à leur besogne, ne pensent point aux insectes et ceux-ci ne trouvant ni sécurité ni abri dans ce sentier découvert et occupé, s'en tiennent éloignés ; il n'y a donc rien là qui puisse attirer le coq-bois.

On a dit aussi que le coqrboisj se nourrissant de fourmis, se tenait toujours dans le voisinage de nos immenses fourmilières ; c'est encore inexact. Quelquefois, il est vrai, le coq-bois rôde autour d'une fourmilière, comme s'il voulait faire une curée de fourmis ; mais il

190 PAKtIÉ

ne pense qu'à s'emparer des nymphes et des larves que les ouvrières retirent des galeries et laissent à ciel ouvert pour un moment. Les beaux travaux de Hubert nous ont en effet appris que, de temps à autre, les ouvrières exposent à l'air les larves et les nymphes dont elles sont chargées.

En réalité donc, le coq-bois n'attaque aucune espèce de fourmis ; mais il ne respecte point leurs nymphes et leurs larves, quand elles sont à sa portée ; et il n'est pas le seul oiseau qui fasse une pareille guerre ; il est imité par les picucules, les tachyphones, les merles, etc.

Le coq-bois est ordinairement seul ; mais quand se présente l'occasion de profiter des ressources que procurent les fourmis, plusieurs individus sont alors réunis et tous suivent le bataillon.

Il est loin d'être farouche. Le chasseur n'a qu'àimi* ter son sifflement pour le voir arriver, approcher et ne point s'effrayer. Mais ce n'est que le mâle qui répond ainsi à l'appel et se met en ^^le ; aussi n'ai-je jamais pu me procurer une femelle qui pourrait bien n'être que le F. Molinigef^a de M. Sclater. Il est rarement en repos, et sa démarche attire l'attention. Sa queue toujours relevée, sa tête fièrement portée, ses mouvements vifs^ gracieux, mais dignes en même temps, lui donnent quelques uns des caractères du coq, de là, le nom vul* gaire qu'il a reçu. Son cri de rappel se compose de trois notes ; il les dit en soutenant un peu la première; quelquefois, arrivé à la seconde, il la répète nombre de fois avant de donner la troisième. Ce cri qui est un véritable sifflement, est ample, sonore et bien accentué; le voyageur, en l'entendant retentir, se sent heureux et oublie cette tristesse qu'inspire ordinairement la solitude»

ORMICARIUS LONGIPES— rà«/.

vuLQ. PETIT FOURMILIJER.

.iîcarius hngipes — ^Vieîl. — Gray, p. 211, n® 7. t^mophila hngipes — ^Vieîl. — ^Pr. Bonap., p- 201, u^ 1. fourmilier longipède — Myrmothera Umgipes — ^Vieil.

Longueur totale 160 iniL

— du pli de l'aîle 63

— du tarse 27

— du doigt médian • 14

— de la queue 55

— du bec 18

Toutes les parties supérieures, à part le front, d'un roux franc, mais un peu clair ; sur la tête, il est forte* ment mitigé de brun. Front marqué par du gris de plomb ; cette teinte, sous forme de trait, continue aur dessus de Tœil et ya former à l'occiput un demi-collier peu apparent.

Joue, gorge, devant et côté du cou d'un noir profond qui va couvrir la poitrine comme d'un plastron. Côté de l'abdomen et une partie des flancs d'un gris de plomb clair ; côté du ventre et reste des flancs roussâtres. Une bande d'un blanc pur commence en pointe sur la poitrine, descend, en s'élargîssant, sur le milieu de l'abdomen et recouvre presque tout le ventre.

Les rémiges oiit toute la barbe externe d'un youx assez clair ; la barbe interne est presque noire et est bordée (Je roux très-clair. Couvertures supérieures rousses comme le dos ; inférieures blanches.

Rectrice^ et leurs couvertures supérieures continuant le roux du croupion ; couvertures inférieures blanches à leur base, rouss&tres dans le reste de leur étendue- Pattes brunes. Bec noir. Iri^ chocolat.

192 Pârtîu

La femelle diffère du mâle par Fabsence du noir sur le devant du cou et sur la poitrine ; cette couleur y eA remplacée par un roux jaunâtre très-tendre.

Une tache noire couvre l'œil ; toutes les autres couleurs sont distribuées comme chez le mâle ; mais elles sont d'une teinte moins franche.

Je ne connais pas le jeune âge.

Comme le coq-bois ^ le petit fourmilier se nourrit d'insectesy à l'exclusion des fourmis. H est assez commun et; encore comme son congénère, il est peu farouche, vif, fier et gracieux dans ses mouvements. H se tient aussi à terre; mais il n'a pour retraite que les halliers; sa petite taille s'effi'aierait des grands arbres de nos forêts et, sous les voûtes immenses qu'ils forment, son cri faible et insignifiant ne trouverait point d'écho

Page 1